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Troisième volume.
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Dans l’été de la 21 e année de la guerre du Péloponèse (Ol . XC 1 I, 2 ;juillet 4 n av. J. C.), des bannis de Méthymne (sans doute des par-tisans de Sparte et du principe de son gouvernement, ce qu’on peutdéduire des expressions de Thucydide : MvjÔup.vatcovoù^ol àiWaTcorarot<puya£s;4°) ayant fait passer de Cymes à Lesbos une cinquantained’hoplites qu’ils s’étaient affiliés (7xpoGETatpu7xou; 41 ), ainsi que des mer-cenaires du continent qu’ils avaient soudoyés, en tout trois centshommes environ 42 , vinrent, commandés par Anaxarchus, deThèbes,en raison de la communauté d’origine qui unissait les Lesbiens et lesThébains , attaquer d’abord Mélhymne pour la soustraire au pouvoird’Athènes , et opérer de ce point un soulèvement dans l’île. Arrêtésune première fois dans leur tentative par la garnison athénienne deMytilène , qui accourut à leur rencontre, puis repoussés une secondefois dans un combat, ils traversèrent le mont Lepetymnus 43 etvinrent s’emparer d’Érèse, qu’ils détachèrent de la ligue athénienne 44 .11 y a tout lieu de croire, bien qu’aucun texte ne l’indique, qu’Erèseretomba au pouvoir des Athéniens, et que par conséquent ce coupde main resta sans résultat immédiat; mais il n’en est. pas moinsconstaté qu’il existait à Lesbos un parti aristocratique favorisantles Spartiates, étroitement lié avec les Thébains , et formant uneassociation (éxatpeia 45 ) dans laquelle ils recevaient des adeptes, etdont le nombre, comme celui de l’hétairie pythagoricienne de Cro-tone 46 et du bataillon sacré de Thèbes 4 7 , était de 3 oo 4 8 .

Ce qui semble prouver encore l’existence de cette association, c’estqu’environ 60 ans après, postérieurement à la guerre sociale, nousvoyons, à en juger par un passage du discours de Démostliène pour laliberté des Rhodiens 4 ^ prononcé l’an 35 1 avant notre ère ( 01 . CVII,2), le gouvernement oligarchique rétabli à Mytilène . C’est vers lamême époque, suivant l’opinion de M. Plehn 5 °, qu’il faut placer latyranniede Cammèsà Mytilène 51 , et celledeCléomèneàMethymne 52 ;d’où il résulte que la révolution s’était étendue à toutes les villes deLesbos . Mais comment s’était-elle opérée? sans doute à l’aide d’unehètairie qui, ne s’écartant pas d’abord du but de l’association pythago-ricienne , avait fait confier le pouvoir aux meilleurs et s’était attachéeà assurer le bien-être du peuple 53 ; mais sans doute aussi, suivantla marche ordinaire des choses humaines, elle avait abandonné peu àpeu les principes qui faisaient sa force,.et bientôt à l’ai'istocratie avaitsuccédé la tyrannie, qui se maintint jusqu’au moment où Alexandre,devenu le maître du monde, et 11e voulant pas souffrir qu’il existâtd’autre puissance que la sienne, chargea TIégélochus de soumettre lesîles, et livra les tyrans de Lesbos, notamment ceux de Méthymne , Aris-tonicus et Chrysolaüs, aux habitants des villes qu’ils avaient opprimées.

On comprend maintenant pourquoi Xhétairie lesbienne allait re-cevoir ses adeptes dans l’île de Délos. C’est qu’Apollon n’était pas

seulement le Dieu de Lesbos , c’était aussi celui des pythagoriciens 54 ,et une tradition de la secte supposait même que son chef avait sé-journe à Delos et qu il s y était fait admirer par sa haute sagesse 55 .

iiuuc luaciipuim uuiine lieu a rres-

-peu u onservanons pntto-logiques. En admettant que la copie de MM. Ravoisié et Poirot re-produise le monument avec une exactitude rigoureuse, ce que jesuis loin de croire, plusieurs noms propres offrent des formes toutà fait insolites : comme ©EXaiGio; (ligne 2) 56 , KX.£a<p£v. . . (1. 3) 57.ÀyéppTo; (1. 4)> qu’on peut comparer pour la formation à ÀyéXocoç 58 ;EùayévYiç ( 1 . 7), dont la première partie se tire sans doute d’Eua,nom d’un bourg de l’Argolide au pied du mont Parnon 5 9 ; Aap.&£t' X £t 0 çformé d’après les mêmes lois que Aao&ixeto; 60 ; A[ty]î), qui est peut-être l’accusatif d’Arpi; 61 ; enfin Èyet; ( 1 . 10), et [A][*[/,£[&]aç (ibid.) 6a .

3 .

Inscription provenant de Délos , et conservée , à l’époque de l’ex-pédition, dans le musée d’Égine , où elle a été copiée parM. Virlet. Largeur, 0,27; hauteur, o, 4 t.

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*° ICrueger explique très-bien cette expression par 01 Suvaxwxaxoi, optimates, etrenvoie à Valck. sur Hér. IV, g 5 . Voyez la note de Poppo sur le passage de Tliuc.

4 ‘ Ce mot ne me paraît avoir été entendu ni par les commentateurs, ni parles interprètes. Ducker traduit : Qui amicitiœ causa eos seculifuerant, et Le-vêque a reproduit ce sens dans sa traduction. L’un des plus récents éditeurs deThucydide , M. Arnold, l’explique ainsi : « i. e. nonnullos Cumanos, qui Methym-næos exsuies dum Cumae versabantur sodales unius suarum IxaipiSiv optimatumreceperant, ideoque parati erant ad eos adjuvandos. >• Nul doute qu’il ne soit iciquestion Xhétairie; mais le mot TrpoasxaipKTxouç doit être pris dans le sens passifet non dans le sens actif. M. Didot, en traduisant qu’ils s’étaient associés, estplus près du sens , mais ne rend pas assez l’idée d’affiliation.

41 Su[A7roc(jiv èç xptaxoai'oi;.

43 Thucydide ne nomme pas la montagne ; mais ce ne peut être que le Lepe-tvmnus, voisin de Méthymne . V. Plelin, Lcsb., p. 8 et suiv.

44 ’Acpiuxam tÎ)v v Ep£uov.

45 Le mot ixaipsîa, dans Platon , est pris dans le sens de parti politique, defaction. (Rep. II, 8. de Lcgg. IX, p. 856 B. Thcœt., p. 162 D.). Voyez Ast surla Républ. de Plat., loc. cit. Lobeck sur 1 ’Jjax de Soph., v. 682, p. 322 de lapremière édition, et 3 og de la deuxième. C’est par le mot ixaipîa qu’Aristote ,Pol. II, 8, 2 , désigne l’association politique qui à Carthage veillait au maintiende la constitution, fait qu’a prouvé M. Kluge, de Polit. Carth., p. 36 et suiv.

46 .List. XX, 14 : Sed treceki ex juvenibus qiutrn sodalitii juris sacramentoquodam nexi, separatam a cœteris civibus vitam exercèrent, quasi cœtum clan-destin œ conjurationis haberent, civitatcm in se converterunt : quœ eos, quitm inunam domum conoenissent, cremarc voluit.

47 plut., V. de Pelop ., c. 18.

48 Vraisemblablement les pythagoriciens attachaient quelque idée mystique

T . ju. - Inscriptions.

à ce nombre qui est le produit du carré de la décade par 3 . Ce nombrerappelle celui des Spartiates qui suivirent Léonidas aux Thermopyles et quin’étaient autre chose que le bataillon cVélite de 3 oo hommes composant la gardedu roi sous le nom de d’i 7 nr£ïç.

49 § 9 » P- I 9 6 , Rciske.

50 Lesb. , p. 76.

51 Voyez Demosth. adv. Bœot. II, p. 101g. Reiske.

52 Athen. X, p. 443 A.

53 ICrische, op. cit., p. 101.

54 Krische, op. cit., p. 37.

55 Iambliclnis, V. Pythag., §26, 35 et 252 .

56 Je 11e crois pas qu’on puisse rapprocher ce nom de ©aXvcioî, le mêm csuivant M. Boeckh que le QeiXouQio; des Doriens. Sans doute M. Boeekh a prouvé( Corp. Inscr. gr., t. I, p. 721) que la permutation de £i et de a est possibleainsi Kxam'aç devient Kxsi<n'aç (Comp. xxéap) ; mais le changement de u en aiet réciproquement ne saurait guère être justifié. Cependant on peut comparertxusxa? et [xaaxal;.

57 Si le O était moins nettement marqué, on pourrait supposer que lescopistes ont confondu T avec O, et lire K AEA [l~] EN [E02] : ce qui seraitle même nom que celui de KXsiYév?]<; qu’on trouve dans Aristophane , Gren. 70g

58 Hom. II. VIII, 275 ; Od. XX, 32 i; XXII, i 3 i; Apollodore , Pibl. H ; 7 3

5 s Pausan. II, 38 , 6.

c '° Thuc. IV, 1 34 . Pans. VIII, 44 , 1.

Sl Ce devrait être plutôt Alyvia. Voyez Corpus Inscr. gr., n° 2166 1 40 42

62 C’est le patronymique d”A[x|ùaç, qu’011 trouve dans le Corpus , n° 2 5 i 8et auquel correspondent les noms de femme ’Aixini'a, Inscr. de Délos n° 2/et 'Apifiuov, Inscr. de Ténos , n° 2, p. 3 .

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