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Troisième volume.
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( 48 )

III.

ILES DU LITTORAL.

POROS .

(l’antique calaurie.)

I.

Inscription copiée à P oros par M. Virlet, sur un bloc en talcgris à peu près carré, avec corniche à la partie supérieure.La partie inférieure est mutilée. Haut, et larg., o,65.

NIKArOPA TANOVPZ

TIAA AcpPOAITAA

Nixayo'pa[ç] xàv [0]up[ eajxuîa À<ppo^iTa[v]

Nicagoras consacre cette statue de Vénus Thyrêatide.

Pausanias , dans le peu de documents qu’il nous a transmis sur laville de Thyrée, ne dit rien des dieux qui y étaient l’objet d’un culteparticulier. On voit par notre momument, si toutefois ma restitutionest admise, que l’une de ces divinités était Vénus 1 . Mais pourquoi lastatue de Vénus Thyrêatide est-elle consacrée dans l’île de Poros ?C’est un problème que, dans l’insuffisance des textes anciens, il estimpossible de résoudre. On serait moins surpris de la trouver à Egine ,Thyrée ayant servi d’asile aux Éginètes lorsqu’ils furent chassés deleur île par les Athéniens 1 .

On ne sait rien non plus sur la Nicagora ou le Nicagoras 3 quiconsacre cette statue. Tout ce que l’on peut dire, c’est que ce derniernom se retrouve dans une inscription métrique attribuée à Hermo-créon et qui était gravée sur la gaine d’un liermès, ou peut-êtresur la base d’une statue de Mercure. Je crois devoir la rapporter iciparce qu’elle vient à l’appui de l’opinion que j’ai déjà émise 5 à l’oc-casion d’un monument où le fils de Maïa reçoit l’épithète de ^ixaioç.

l£eu u 770 cxiepàv TïXavavov, £éve, rav^e 77apep77(ov,

àç à77aXw Zépupoç TuvEuptaxi çuXXa <Weî,év0a pte Nixayopaç xXuxov eïsaxo Maia&oç Eppiâvàypoiï xapTtoxoxou puxopa xa't xxsav<ov.

Étranger qui passes dans ces lieux, viens t'asseoir sous ceplatane touffu dont le souffle léger de Zèphire agite le feuillage ,là où Nicagoras m'a élevé une statue, à moi Mercure, fiscélèbre de Maïa, moi qui veille sur les champs fertiles et surles propriétés.

2 .

Inscription très-fruste copiée par M. Virlet, qui avertit dans lanote jointe à sa transcription que plusieurs lettres peuvent êtredouteuses. Elle est gravée sur un marbre bleuâtre mélangé deblanc. Haut., o, 8 o; larg., o,4o.

H LIYMAAEfïZ ATTAA

AI5ATÜNIAAAYPE_OHL T _TA2ENElEYEPrE IASTAS I- iHNOEON A AYTTOYSAAAO 5AAA

Inscr. i. — 1 J’aurai occasion de revenir sur cette question dans l’explicationque je donnerai d’un bas-relief d’Astros ; je m’occuperai aussi de la prétendueDiane Thyréatique dont M. Welcker me paraît avoir fait justice. Voyez Ann.de l'Inst. archéol., i 833 , p. l5i.

1 Pausan. II, 29, 5 .

L espace libre qu’on remarque au milieu de la première ligne permet desupposer qu’un 2 a disparu à la fin du premier mot. Il est vrai qu’un espaceencore plus considérable se présente à la ligne 2 sans qu’on puisse supposer quedes lettres intermédiaires aient été effacées par le temps. D’ailleurs il est fort

Bien que le copiste des notes de M. Virlet ait placé ce monumentà Paros, on ne saurait douter qu’il n’appartienne à Poros , l’an-tique Calaurie, dont il offre le nom, mutilé il est vrai, ligne 3.En effet c’est, comme existant dans cette dernière île, que ce monu-ment se retrouve, beaucoup plus complet qu’il ne l’est aujourd’hui,au n° 1188 du Corpus . Publié d’abord par Reinesius 1 d’après lesscholies de Cyriaque sur Strabon , il a été copié postérieurementsur la pierre même par Chandler, qui l’a inséré dans son recueil A

Le voici tel que le donne M. Boeckh :

H EYMENEIABA2IAE02 ATTAAOYAPOAI2ATHN KAAAYPEATANANEOHKEN APETA2 ENEKENKAI EYEPrE5IASTA2 EI5 TEON OEONKAI AYTANKAI TOYSAAAOY2 EAAANAS

[BaoiXjîi Eu[/.£ve<x ÇjolgùJoi; ÂttoXou à ttoXiç à xûv KaXaucEaTâv avé-Gyixev àpexàç êvex.ev xaî euepyecîa; xàç eïç xs xôv Geov xaî aùxàv xal xoùçaAXouç É/.Xava;.

Au roi Eurnène, fils du roi Attale, la ville des Calauréatesa élevé cette statue pour sa vertu , et pour ses bienfaits envers elle,envers le dieu (de l’ilé) et envers tous les autres Grecs.

Trois princes de la dynastie de Pergame ont porté le nom d’Eu-mene : un frère de Philétère, le fondateur de la dynastie; le fils dece frère qui succéda à Philétère, et qu’on désigne dans l’ordre desuccession sous le nom d’Eumènel, bien qu’il n’ait pas porté le titrede roi; et enfin Eurnène II, fils aîné d’Attale I, qui succéda à sonpère et régna depuis la l\ année de l’Ol . CXLV jusqu’à la 3 e année del’Ol . CLV. Il est évident que c’est à ce dernier, le seul qui ait portéle nom de roi 3 , qu’avait été consacré notre monument. Attale I,comme l’a prouvé M. K. O. Millier avait acheté Égine des Étolienspour le prix de trente talents. Sans doute, en faisant une semblableacquisition, ce prince ambitieux avait eu en vue de s’assurer une po-sition sur les côtes de la Grèce et de là chercha à étendre son in-fluence. Eurnène dut hériter de la politique de son père, et s’efforcerde gagner par des bienfaits l’affection des Calauréates auxquels leursanctuaire conservait une certaine importance.

Quant au dieu dont il s’agit dans notre inscription, ce ne peutêtre que Neptune dans le temple duquel Démosthène se donna lamort.

Ce monument, au temps où Cyriaque l’a copié, avait encore laforme d’une base de statue ; aujourd’hui il ne présente plus qu’unbloc informe et dont le contour se termine là où commencent oufinissent les différentes lignes de la copie rapportée par M. Virlet.

naturel qu’une statue de Vénus ait été consacrée par une femme, peut-être parquelque courtisane célèbre.

4 Anth. Pal., t. II, p. 628, n° II.

5 T. II, p.97.

Inscr. 2. — 1 Syntagma inscr., class. III, n° 87, p. 336 .

1 Inscr. II, i 3 i, p. 80.

3 Cf. Boeckh, ad Corpus Inscr.gr., n° 122.

4 Ægin., p. 192.

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