LOUCOU.
Inscription gravée sur un disque de marbre blanc encastrédans l’un des murs de l’église du monastère de Loucou , dansla plaine d’Astros, sur le golfe de Nauplie , et copiée parM. Trézel.
ZHCIC
MAPKIANH
Zr,a(e)iç Maptuavvi !
Cette formule dénote incontestablement une épitaphe chrétienne .Elle est souvent plus explicite et conçue en ces termes : Zyfoeiç sv0£(5, témoin cette inscription publiée par le P. Lupi *, qui l’avaittrouvée dans l’église de S. Maria in Trastevere .
EIAAPA ZHCICC-N ©Ew
ED.apa £y)'ff(e)iç ev 0eG.
D’autres fois cette pensée pieuse est présentée sous la forme d’unvœu; comme dans cette inscription du recueil de Reinesius 2 :
MARTI
NEETAN
GELVSA
BIBATES .VIVATIS
Où le mot VIVATIS paraît être une explication du copiste introduitedans le texte par les éditeurs. Cette formule se retrouve sur deux onyxpubliés par M. Orelli 3 , et où les noms qui l’accompagnent, parmilesquels se trouve celui de MARIA, sont, ainsi que le mot VIVATIS,disposés de manière à former une croix dans tous les sens.
Le même mot est également altéré dans cette inscription durecueil d’Olivieri 4 où se retrouve notre formule :
KAIANE VIBASSOTERVS FECITIN PAGE
Le même vœu est encore exprimé sur deux vases publiés dans lerecueil de Muratori 5 et reproduit par M. Orelli 6 .
1.
PARTENOPE (sic)
CVM FAVSTINA FILIAZESES
2 .
ANIMA DVLCISPIE Z. (id est ZESES.)
ZESES est bien certainement le mot grec ZHCAIC représenté encaractères romains. Du reste M. Orelli pense qu’il est impossible de
‘ Dissertazioni, lettere et altre oporette del chiarissimo padre Lupi. In Faenza ,1785. 2 vol. in-4 0 , 1.1, p. i83.
2 XX, 126. Cf. Spon Mise. Erud. Aritiq., p. 297.
3 Inscript, lat. ampl. collectio., n° n38 et 4999-
4 Marmora Pisaurensici CLXXIX.
3 MDCCCXIII, 2.
c Inscript, lat. sel. ampl. collectio, t. II, p. 35g, n° 4868. — L’inscription g5odu Corpus, copiée par Fourmont sur une colonne à Athènes , est ainsi conçue :
ZH2A2 TATKIA
L’iî et l’H étant souvent confondus par les copistes, je propose de lireZH2AI2 FATK1A, frfrat; TWa.
7 Voyez, entre autres, Marmora Pisaurensia CLXXI. Du reste il faut convenirque les acclamations ZI12EIA2, ZII2AI2 et VIVAS étaient en usage chez lesGrecs et les Romains pendant les repas, (voyez Ferrari de Veterum Acclarn.,p. 384), et l’on conçoit qu’on les retrouve sur des vases à boire. Elles y sont
décider si ces exclamations se rapportent à des femmes chrétiennes oupaïennes, attendu que le vase, où est gravée la première, représenteune femme parée au milieu des fleurs ayant à ses côtés deux génies.Cette difficulté n’en est pas une. La formule, on n’en saurait douter,est chrétienne, et la présence des deux génies, ou plutôt des deuxanges, pourrait être justifiée par un grand nombre de monuments 1 .
Enfin l’idée d’une autre vie passée dans le sein de Dieu est parfoisexprimée d’une manière tout à fait affirmative. J’en citerai deuxexemples que j’emprunte au P. Lupi 8 .
MASIMA12 0EONZH2
Maffia eîç 0sôv Çîjç.
EPMAEI2KE. <ME£ZH2EN0EO.KYPEIDXPEI2TD.ANNOPOYM.X.MH2ÜPOYM.SEPTE
Èp[/.a'fex£, <pwç, sv 0sw Kupùo XpiffTw. Ann. decem, mensium septem.
Hermaïscus, ma douce lumière , tu vis en Dieu le seigneurChrist, à l’âge de dix ans et sept mois.
Ce monument, où les deux langues et les deux alphabets sontconfondus, est curieux même dans ses barbarismes, puisqu’il nousdonne la preuve que la prononciation de Vu chez les Romains étaitbien la même que chez les Italiens modernes. Le sens donné au mot<3?toC ne laissera aucun doute quand on aura lu le commentairedu P. Lupi sur cette expression affectueuse 9.
C’est peut-être aussi à des chrétiens qu’il faut rapporter les motsVIVIT, VIVYNT qu’on lit souvent sur les pierres tumulaires et notam-ment sur celles de Nîmes 10 .
Enfin, on rencontre quelquefois sur les monuments funéraires deschrétiens la lettre V et le Z : cette dernière sigle qui figure mêmedans des inscriptions latines, tient alors la place de ZHCEIC ouZHCAIC; ou bien encore de ZHC, de même que le V 11 remplaceVIVIT, VIVVNT, VIVAS, VIVATIS et peut-être même VIVES, VIVETIS,bien que je ne connaisse pas d’exemple de ce futur dans les inscriptionschrétiennes composées en latin; mais les inscriptions grecques, etnotamment celles que nous publions ici, permettent de supposer qu’ila dû être aussi employé.
Je ne dois pas oublier ici la formule chrétienne ZHCAC EN Xli,Zvfaaç ëv XpiffTw, bien qu’ellese rapportenon pas à la vie future, maisà l’existence accomplie. On trouve un exemple de cette formule dansl’inscription suivante trouvée aux environs du couvent del Carminé ,près de Catane , et publiée par M. le chanoine Alessi dans le Bulletinde l’Institut de correspondance archéologique 12 ;
souvent accompagnées de quelque autre exhortation au plaisir, comme danscette inscription d’un vase en verre publié par Buonarotti (voyez Ingh. Mon.Étr. Urne, 1.1, 2 e part., p. 421) :
ANIMA DVLCIS FRVAMVR NOS SINE BILE ZESES.
8 Op. cit., p. 182 et 181.
9 Op. cit., p. 182. Cf. Spon , Mise. Erud. Antiq., p. 297.
10 Orelli, op. cit. 447*.
11 Le V, dans les monuments païens, équivaut à VIVVS et indique aussi que letombeau a été construit du vivant de celui auquel il est destiné. Il est de mêmeen grec des formules ZII, Z12N, ZÎÎ2A. Voyez M. Boeckh, Corpus Inscr. gr.,ii5i, 2846, 2901, 2902, 3024, 2044 et 3ioo.
12 Décembre i833, p. 173. L’éditeur du Bulletin pense avec assez de vrai-semblance que le 0 de la ligne 2 n’est autre que la partie supérieure dumonogramme du Christ, dont il voit la partie inférieure dans les lettres IC quiterminent la ligne 3.