CHAPITBE XII.
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particuliers qui flattent leur amour-propre, et les rendentcontents d’eux.
Je crois que si Caton s’était réservé pour la république,il aurait donné aux choses tout un autre tour. Cicéron,avec des parties admirables pour un second rôle, était in-capable du premier : il avait un beau génie, mais une âmesouvent commune. L’accessoire, chez Cicéron, c’était lavertu ; chez Caton, c’était la gloire 1 ; Cicéron se voyaittoujours le premier; Caton s’oubliait toujours : celui-civoulait sauver la république pour elle-même; celui-là,pour s’en vanter.
Je pourrais continuer le parallèle en disant que, quandCaton prévoyait, Cicéron craignait ; que là où Caton es-pérait, Cicéron seconfiait : que le premier voyait toujoursles choses de sang-froid ; l’autre, au travers de cent petitespassions.
Antoine fut défait à Modène : les deux consuls Hirtiuset Pansa y périrent. Le sénat, qui se crut au-dessus de sesaffaires, songea à abaisser Octave, qui de son côté cessad’agir contre Antoine, mena son armée à Rome, et se fitdéclarer consul.
Voilà comment Cicéron, qui se vantait que sa robe avaitdétruit les armées d’Antoine, donna à la république un en-nemi plus dangereux, parce que son nom était plus cher,et ses droits, en apparence, plus légitimes 2 .
Antoine, défait, s’était réfugié dans la Gaule transal-pine, où il avait été reçu par Lépidus. Ces deux hommess’unirent avec Octave, et ils se donnèrent l’un à l’autre la
1 Esse quam videri bonus malehat; itaque, quo minus gloriam pe-tebat, eomagis illamassequebatur. (Sallust. de Bello Caiil ch. LIV.)
2 II était héritier de César, et son fils par adoption.
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