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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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CHAPITRE XIII.

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L’amour-propre, l’amour de notre conservation setransforme en taut de manières, et agit par des principessi contraires, qu’il nous porte à sacrifier notre être pourl'amour de notre être ; et tel est le cas que nous faisons denous-mêmes, que nous consentons à cesser de vivre par uninstinct naturel et obscur qui fait que nous nous aimonsplus que notre vie même \

CHAPITRE XIII.

Auguste.

Sextus Pompée tenait la Sicile et la Sardaigne ; il étaitmaître de la mer, et il avait avec lui une infinité de fugi-tifs et de proscrits qui combattaient pour leurs dernièresespérances. Octave lui fit deux guerres très laborieuses ;et après bien des mauvais succès, il le vainquit par l’ha-bileté d’Agrippa.

Les conjurés avaient presque tous fini malheureusementleur vie 2 ; et il était bien naturel que des gens qui étaientà la tête d’un parti abattu tant de fois, dans des guerres oul’on ne se faisait aucun quartier, eussent péri de mort vio-lente. Delà cependant on tira la conséquence d’une ven-

' [Dans quelques éditions modernes, ce chapitre se termine par le pa-ragraphe suivant : « Il est certain que les hommes sont devenus moinslibres, moins courageux, moins portés aux grandes entreprises qu’ilsn’étaient lorsque, par cette puissance qu’on prenait sur soi-même, onpouvait à tous les instants échapper à toute autre puissance. »

Mais cette réflexion ne se trouvant dans aucune des éditions publiéesdu vivant de Montesquieu, nous avons cru devoir la rejeter au bas dela page. (P.)]

2 De nos jours, presque tous ceux qui jugèrent Charles I eurent unefin tragique. C’est qu’il n’est guère possible de faire des actions pareillessans avoir de tous côtés de mortels ennemis, et par conséquent sanscourir une infinité de périls.