CHAPITRE XVI.
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rité que Tibère et Sévère : cependant, ils se laissèrent gou-verner, l’un parSéjan, l’autre parPlautien, d’une ma-nière misérable.
La malheureuse coutume de proscrire, introduite parSylla, continua sous les empereurs ; et il fallait même qu’unprince eût quelque vertu pour ne la pas suivre ; car, commeses ministres et ses favoris jetaient d’abord les yeux surtant de confiscations, iis ne lui parlaient que de la nécessitéde punir, et des périls de la clémence.
Les proscriptions de Sévère firent que plusieurs soldatsde Niger 1 se retirèrent chez les Parthes 2 ; ils leur appri-rent ce qui manquait à leur art militaire, à faire usage desarmes romaines, et même à en fabriquer ; ce qui fit queces peuples, qui s’étaient ordinairement contentés de sedéfendre, furent dans la suite presque toujours agres-seurs 3,
Il est remarquable que , dans cette suite de guerres ci-viles qui s’élevèrent continuellement, ceux qui avaient leslégions d’Europe vainquirent presque toujours ceux quiavaient les légions d’Asie 4 ; et l’on trouve dans l’histoire deSévère qu’il ne put prendre la ville d’Atra en Arabie,parce que, les légions d’Europe s’étant mutinées, il futobligé de se servir de celles de Syrie.
1 Hérodïen , Vie de Sévère.
3 Le mal continua sous Alexandre. Artaxerxès, qui rétablit l’empiredes Perses , se rendit formidable aux Romains, parce que leurs soldats ,par caprice oupar libertinage, désertèrent en foule vers lui. ( Abrégé deXiphilin , du livre LXXX de Dion.)
3 C’est-à-dire les Perses qui les suivirent.
4 Sévère délit les légions asiatiques de Niger; Constantin, celles deLicinius. Yespasien, quoique proclamé par les armées de Syrie, ne fit laguerre à Yitellius qu’avec des légions de Mœsie, de Pannonie et deDal-matie. Cicéron, étant dans son gouvernement, écrivait au sénat qu’onne pouvait compter sur les levées laites en Asie. Constantin ne vain-quit Maxence, dit Zosime, que par sa cavalerie. Sur cela Yoyez ci-des-sous le septième alinéa du chapitre xxn.
iü.