CHAPITRE XYU.
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total, on ne peut remédier qu’aux inconvénients qui se pré-sentent dans La théorie, et on en laisse d’autres que la pra-tique seule peut faire découvrir.
Ainsi, quoique l’empire ne fut déjà que trop grand, ladivision qu’on en fit le ruina, parce que toutes les partiesde ce grand corps, depuis longtemps ensemble, s’étaientpour ainsi dire ajustées pour y rester et dépendre les unesdes autres.
Constantin*, après avoir affaibli la capitale, frappa unautre coup sur les frontières ; il ôta les légions qui étaientsur le bord des grands fleuves, et les dispersa dans lesprovinces ; ce qui produisit deux maux : l’un, que la bar-rière qui contenait tant de nations fut ôtée ; et l’autre, queles soldats 1 2 vécurent et s’amollirent dans le cirque et dansles théâtres 3 .
Lorsque Constantius envoya Julien dans les Gaules, iltrouva que cinquante villes le long du Rhin 4 avaient étéprises par les barbares ; que les provinces avaient été sac-cagées; qu’il n’y avait plus que l’ombre d’une armée ro-maine , que le seul nom des ennemis faisait fuir.
Ce prince, par sa sagesse, sa constance, son économie,sa conduite, sa valeur, et une suite continuelle d’actions
1 Dans ce qu’on dit de Constantin on ne choque point les auteurs ec-clésiastiques , qui déclarent qu’ils n’entendent parler que des actions dece prince qui ont du rapport à la piété, et non de celles qui en ont augouvernement de l’État. (Eusèbe, Vie de Constantin, liv. I, chap. îx;Socrate, liv. I, chap. i.)
2 Zosime, liv. VIII.
3 Depuis l’établissement du christianisme, les combats des gladiateursdevinrent rares. Constantin défendit d’en donner : ils furent entièrementabolis sous Honorius, comme il parait par Tbéodoret et Othon de Fri-singue. Les Romains ne retinrent de leurs anciens spectacles que ce quipouvait affaiblir les courages, et servait d’attrait à la volupté.
4 Ahmien Marcellin, liv. XVI, XVII, XVIII.