CHAPITRE XVII.
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Romains; et, pendant que d’autres barbares ravageaientl’empire, ils restaient dans les limites que leur ignoranceleur avait données.
Quelques-uns 1 ont dit que le limon que le Tanaïs avaitapporté avait formé une espèce de croûte sur le Bosphorecimmérien, sua. laquelle ils avaient passé ; d’autres 2 , quedeux jeunes Scythes, poursuivant une biche qui traversace bras de mer, le traversèrent aussi. Ils furent étonnésde voir un nouveau monde; et, retournant dans l’ancien,ils apprirent à leurs compatriotes les nouvelles terres, et,si j’ose me servir de ce terme, les Indes qu’ils avaient dé-couvertes 3 .
D’abord des corps innombrables de Huns passèrent;et, rencontrant les Goths les premiers, ils les chassèrentdevant eux. Il semblait que ces nations se précipitassentles unes sur les autres, et que l’Asie, pour peser sur l’Eu-rope, eût acquis un nouveau poids.
Les Goths effrayés se présentèrent sur les bords du Da-nube, et, les mains jointes, demandèrent une retraite. Lesflatteurs de Valens saisirent cette occasion, et la lui repré-sentèrent comme une conquête heureuse d’un nouveaupeuple qui venait défendre l’empire et l’enrichir 4 .
Yalens ordonna qu’ils passeraient sans armes; mais,pour de l’argent, ses officiers leur en laissèrent tant qu’ilsvoulurent 5 . Il leur fit distribuer des terres ; mais, à la dif-
1 ZOSIME, liv; IV.
2 Jornandès, de Rebus geücis; Histoire mêlée de Procope.
3 Voyez Sozomène, liv. VI.
4 Amm. Marcellin, liv. XXIX.
5 De ceux qui avaient reçu ces ordres , celui-ci conçut un amour in-fâme; celui-là fut épris de la beauté d’une femme barbare; les autresfurent corrompus par des présents, des habits de lin, et des couvertu-res bordées de franges : on n’eut d’autre soin que de remplir sa maisond’esclaves, et ses fermes de bétail. (Histoire de Dexipe.)