CHAPITRE XVIII.
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taire, et d’en priver tous leurs voisins, ils le détruisaientpour lors chez eux, et l’établissaient chez les autres.
Voici, en un mot, l’histoire des Romains : ils vain-quirent tous les peuples par leurs maximes; mais, lors-qu’ils y furent parvenus, leur république ne put subsis-ter ; il fallut changer de gouvernement, et des maximescontraires aux premières, employées dans ce gouverne-ment nouveau, firent tomber leur grandeur.
Ce n’est pas la fortune qui domine le monde; on peutle demander aux Romains, qui eurent une suite conti-nuelle de prospérités quand ils se gouvernèrent sur uncertain plan, et une suite non interrompue de revers lors-qu’ils se conduisirent sur un autre. Il y a des causesgénérales, soit morales, soit physiques, qui agissent danschaque monarchie, l’élèvent, la maintiennent, ou la pré-cipitent ; tous les accidents sont soumis à ces causes ; etsi le hasard d’une bataille, c’est-à-dire une cause particu-lière , a ruiné un État, il y avait une cause générale quifaisait que cet État devait périr par une seule bataille. Enun mot, l’allure principale entraîne avec elle tous lesaccidents particuliers.
Nous voyons que depuis près de deux siècles les troupesde terre de Danemarck ont presque toujours été battuespar celles de Suède. Il faut qu’indépendamment du cou-rage des deux nations et du sort des armes, il y ait dansle gouvernement danois, militaire ou civil, un vice inté-rieur qui ait produit cet effet; et je ne le crois point diffi-cile à découvrir.
Enfin, les Romains perdirent leur discipline militaire ;ils abandonnèrent jusqu’à leurs propres armes. Végècedit que les soldats les trouvant trop pesantes, ils obtinrentde l’empereur Gratien de quitter leur cuirasse et ensuite
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