CHAPITRE XX.
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des bleus ; tout homme qui fut volé ou assassiné fut decelle des verts.
Un gouvernement si peu sensé était encore plus cruel :l’empereur, non content de faire à ses sujets une injusticegénérale en les accablant d’impôts excessifs, les désolaitpar toutes sortes de tyrannies dans leurs affaires par-ticulières.
Je ne serais point naturellement porté à croire tout ceque Procope nous dit là-dessus dans son histoire secrète,parce que les éloges magnifiques qu’il a faits de ce princedans ses autres ouvrages affaiblissent son témoignage danscelui-ci, où il nous le dépeint comme le plus stupide etle plus cruel des tyrans.
Mais j’avoue que deux choses font que je suis pourl’histoire secrète : la première, c’est qu’elle est mieuxliée avec l’étonnante faiblesse où se trouva cet empire àla fin de ce règne et dans les suivants.
L’autre est un monument qui existe encore parmi nous :ce sont les lois de cet empereur, où l’on voit dans le coursde quelques années la jurisprudence varier davantagequ’elle n’a fait dans les trois cents dernières années denotre monarchie.
Ces variations sont la plupart sur des choses de si pe-tite importance % qu’on ne voit aucune raison qui eût dùporter un législateur à les faire, à moins qu’on n’expliquececi par l’histoire secrète, et qu’on ne dise que ce princevendait également ses jugements et ses lois.
Mais ce qui fit le plus de tort à l’état politique de gou-vernement fut le projet qu’il conçut de réduire tous leshommes à une même opinion sur les matières de religion,
1 Voyez les Novelles de Justinien*