CHAPITRE XXI.
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Lorsqu’on lit Procope sur les édifices de Justinien, etqu’on voit les places et les forts que ce prince fit éleverpartout, il vient toujours dans l’esprit une idée, mais bienfausse, d’un État florissant.
D’abord les Romains n’avaient point de places : ils met-taient toute leur confiance dans leurs armées, qu’ils pla-çaient le long des fleuves, où ils élevaient des tours dedistance en distance pour loger les soldats.
Mais lorsqu’on n’eut plus que de mauvaises armées,que souvent même on n’en eut point du tout, la frontièrene défendant plus l’intérieur, il fallut le fortifier; et alorson eut plus déplacés et moins de forces, plus de retraiteset moins de sûreté \ La campagne n’étant plus habitablequ’autour des places fortes, on en bâtit de toutes parts.Il en était comme de la France du temps des Normands %qui n’a jamais été si faible que lorsque tous ses villagesétaient entourés de murs.
Ainsi toutes ces listes de noms des forts que Justinienfit bâtir, dont Procope couvre des pages entières, ne sontque des monuments de la faiblesse de l’empire.
CHAPITRE XXI.
Désordres de l’empire d’Orient.
Dans ce temps-là, les Perses étaient dans une situation
1 Auguste avait établi neuf frontières ou marches : sous les empereurssuivants le nombre en augmenta. Les barbares se montraient là où ilsn’avaient point encore paru. Et Dion, liv. LY, rapporte que de sontemps, sous l’empire d’AÎexandre, il y en avait treize. On voit par la no-tice de l’empire, écrite depuis Arcadius et Honorius, que dans le seulempire d’Orient il y en avait quinze. Le nombre en augmenta toujours.La Pamphylie, la Lycaonie, la Pisidie, devinrent des marches; et toutl’empire fut couvert de fortifications. Aurélien avait été obligé de fortifierRome.
2 Et des Anglais.