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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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CHAPITRE XXI.

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tir. C’était un crime de porter ou d’avoir chez soi des étof-fes de pourpre; mais dès qu’un homme s’en vêtissait, ilétait d’abord suivi, parce que le respect était plus attachéà l’habit qu’à la personne.

L’ambition était encore irritée par l’étrange manie deces temps-là, n’y ayant guère d’homme considérable quin’eût par devers lui quelque prédiction qui lui promettaitl’empire.

Comme les maladies de l’esprit ne se guérissent guère 1 ,l’astrologie judiciaire et l’art de prédire par les objets vusdans l’eau d’un bassin avaient succédé, chez les chrétiens,aux divinations par les entrailles des victimes ou le vol desoiseaux, abolies avec le paganisme. Des promesses vainesfurent le motif de la plupart des entreprises téméraires desparticuliers, comme elles devinrent la sagesse du conseildes princes.

Les malheurs de l’empire croissant tous les jours, on futnaturellement porté à attribuer les mauvais succès dansla guerre, et les traités honteux dans la paix, à la mau-vaise conduite de ceux qui gouvernaient.

Les révolutions mêmes firent les révolutions, et l’effetdevint lui-même la cause. Comme les Grecs avaient vupasser successivement tant de diverses familles sur letrône, ils n’étaient attachés à aucune ; et la fortune ayantpris des empereurs dans toutes les conditions, iln’y avaitpas de naissance assez basse ni de mérite si mince quipût ôter l’espérance.

Plusieurs exemples reçus dans la nation en formèrentl’esprit général, et firent les mœurs, qui régnent aussi im-périeusement que les lois.

Il semble que les grandes entreprises soient parmi nous

1 Voyez Nicélas, Fie d'Andronic Comnène.

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