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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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DANS LA RELIGION.

délier : ainsi Clodius Pulcher, voulant donner un com-bat naval, fit jeter les poulets sacrés à la mer, afin deles faire boire, disait-il, puisqu’ils ne voulaient pas man-ger i.

Il est vrai qu’on punissait quelquefois un général den’avoir pas suivi les présages, et cela même était un nou-vel effet de la politique des Romains. On voulait faire voirau peuple que les mauvais succès, les villes prises, les ba-tailles perdues, n’étaient point l’effet d’une mauvaise cons-titution de l’État, ou de la faiblesse de la république, maisde l’impiété d’un citoyen contre lequel les dieux étaientirrités. Avec cette persuasion, il n’était pas difficile derendre la confiance au peuple ; il ne fallait pour cela quequelques cérémonies et quelques sacrifices. Ainsi, lors-que la ville était menacée ou affligée de quelque malheur,on ne manquait pas d’en chercher la cause, qui était tou-jours la colère de quelque dieu dont on avait négligé leculte : il suffisait, pour s’en garantir, de faire des sacrificeset des processions ; de purifier la ville avec des torches, dusoufre, et de l’eau salée. On faisait faire à la victime letour des remparts avant de l’égorger ce qui s’appelaitsacrifieinm amburbium , et amburbiale. On allait mêmequelquefois jusqu’à purifier les armées et les flottes, aprèsquoi chacun reprenait courage.

Scévola, grand pontife, et Varron, un de leurs grandsthéologiens , disaient qu’il était nécessaire que le peupleignorât beaucoup de choses vraies, et en crût beaucoup defausses. Saint Augustin dit 3 que Varron avait découvertpar là tout le secret des politiques et des ministres d’Etat.

1 Val. Maxim., liv. ï, chap. iv.

5 Totum consilium prodidit snpi.entum per quod civilates etpopulireyerenlur. ( De Civil. Dei, Iib. IV, cap. xxxi. )

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