DANS LA RELIGION. 187
génération ; de rendre un culte au soleil ou à l’Être suprême,en tant qu’il anime les plantes, et rend la terre féconde parsa chaleur. Ainsi le stoïcien Balbus dit, dans Cicéron« que Dieu participe par sa nature à toutes les choses d’ ici-bas ; qu’il est Cérès sur la terre, Neptune sur les mers. ••Nous en saurions davantage, si nous avions le livre qu’As-elépiade composa, intitulé l’Harmonie de toutes les théo-logies.
Comme le dogme de l’âme du monde était presque uni-versellement reçu, et que l’on regardait chaque partiede l’univers comme un membre vivant dans lequel cetteâme était répandue, il semblait qu’il était permis d’a-dorer indifféremment toutes ces parties, et que le cultedevait être arbitraire comme était le dogme.
Voilà d’où était né cet esprit de tolérance et de dou-ceur qui régnait dans le monde païen : on n’avait gardede se persécuter et de se déchirer les uns les autres : toutesles religions, toutes les théologies, y étaient égalementbonnes : les hérésies, les guerres, et les disputes de reli-gion , y étaient inconnues : pourvu qu’on allât adorer autemple, chaque citoyen était grand pontife dans sa famille.
Les Romains étaient encore plus tolérants que lesGrecs , qui ont toujours gâté tout : chacun sait la malheu-reuse destinée de Socrate.
Il est vrai que la religion égyptienne fut toujours pros-crite à Rome : c’est qu’elle était intolérante, qu’elle vou-lait dominer seule, et s’établir sur les débris des autres ;de manière que l’esprit de douceur et de paix qui régnaitchez les Romains fut la véritable cause de la guerre qu’ils
1 « Deus pertinens per naturam cujusgue rci , per terras Ceres , permaria Neptunus , alii per alia , poterunt intelligi ; qui qualesgue sinl,quoque eos nomine consueludo nunc.upaverit, hos deos et venerari cicolere debemus. »