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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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FESSÉES DIVERSES.

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moraux sont presque tous outrés : ils parlent à l’enten-dement, et non pas à cette âme.

PORTRAIT DE MONTESQUIEU

PAR LUI-MÊME-

Une personne de ma connaissance disait : « Je vaisfaire une assez sotte chose, c’est mon portrait : je meconnais assez bien. »

Je n’ai presque jamais eu de chagrin, encore moinsd’ennui.

Ma machine est si heureusement construite, que je suisfrappé par tous les objets assez vivement pour qu'ils puts-sentmedonner du plaisir,pas assez pour qu’ils puissent medonner de la peine.

J’ai l’ambition qu’il faut pour me faire prendre partaux choses de cette vie; je n’ai point celle qui pourraitme faire trouver du dégoût dans le poste où la nature m’amis.

Lorsque je goûte un plaisir, je suis affecté ; et je suistoujours étonné de l’avoir recherché avec tant d’indiffé-rence.

J’ai été dans ma jeunesse assez heureux pour m’atta-cher à des femmes que j’ai cru qui m’aimaient ; dès quej’ai cessé de le croire, je m’en suis détaché soudain.

L’étude a été pour moi le souverain remède contre lesdégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’uneheure de lecture n’ait dissipé.

Je m’éveille le matin avec une joie secrète de voir lalumière ; je vois la lumière avec une espèce de ravisse-ment ; et tout le reste du jour je suis content. Je passe lanuit sans m’éveiller; et le soir, quand je vais au lit,