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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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PENSÉES DIVERSES.

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au jour sans être touché de la réputation de bel esprit.Ceux qui m’ont connu savent que, dans mes conversa-tions, je ne cherchais pas trop à le paraître, et que j’a-vais assez le talent de prendre la langue de ceux avec les-quels je vivais.

J’ai eu le malheur de me dégoûter très-souvent des gensdont j’avais le plus désiré la bienveillance.

Pour mes amis, à l’exception d’un seul, je les ai tousconservés.

Avec mes enfants, j’ai vécu comme avec mes amis.

J’ai eu pour principe de ne jamais faire par autrui ceque je pouvais par moi-même : c’est ce qui m’a porté àfaire ma fortune par les moyens que j’avais dans mesmains, la modération et la frugalité ; et non par des moyensétrangers, toujours bas ou injustes.

Quand on s’est attendu que je brillerais dans une con-versation , je ne l’ai jamais fait : j’aimais mieux avoir unhomme d’esprit pour m’appuyer, que des sots pour m’ap-prouver.

Il n’y a point de gens que j’aie plus méprisés que lespetits beaux-esprits, et les grands qui sont sans probité.

Je n’ai jamais été tenté de faire un couplet de chansoncontre qui que ce soit. J’ai fait en ma vie bien des sottises,et jamais de méchancetés.

Jen’ai point parudépenser, mais jen’ai jamais été avare;et je ne sache pas de chose assez peu difficile pour que jel’eusse faite pour gagner de l’argent.

Ce qui m’a toujours beaucoup nui, c’est que j’ai tou-jours méprisé ceux que je n’estimais pas.

Je n’ai pas laissé, je crois, d’augmenter mon bien ; j’aifait de grandes améliorations à mes terres : mais je sen-tais que c’était plutôt pour une certaine idée d’habileté