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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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LETTRES PERSANES.

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joug vous paraît trop dur : vous aimez mieux être soumis àun prince, et obéir à ses lois, moins rigides que vos mœurs.Vous savez que pour lors vous pourrez contenter votre ambi-tion, acquérir des richesses, et languir dans une lâche volupté ;et que, pourvu que vous évitiez de tomber dans les grands cri-mes, vous n’aurez pas besoin delà vertu. 11 s’arrêta un moment,et ses larmes coulèrent plus que jamais. Et que prétendez-vousque je fasse ? Comment se peut-il que je commande quelquechose à un Troglodyte ? Voulez-vous qu’il fasse une action ver-tueuse parce que je la lui commande, lui qui la ferait tout demême sans moi, et par le seul penchant de la nature? O Tro-glodytes ! je suis à la fin de mes jours, mon sang est glacédans mes veines, je vais bientôt revoir vos sacrés aïeux : pour-quoi voulez-vous que je les afflige, et que je sois obligé deleur dire que je vous ai laissés sous un autre joug que celuide la vertu?

D’Erzeron, le 10 de la lune de Gemmadi 2,1 7 ji.

XV. LE PREMIER EUNUQUE A JARON ,

EUNUQUE N01B.

A Erzeron.

Je prie le ciel qu’il te ramène dans ces lieux , et te dérobeà tous les dangers.

Quoique je n’aie guère jamais connu cet engagement qu’onappelle amitié, et que je me sois enveloppé tout entier dansmoi-même, tu m’as cependant fait sentir que j’avais encoreun cœur ; et, pendant que j’étais de bronze pour tous ces es-claves qui vivaient sous mes lois, je voyais croître ton en-fance avec plaisir.

Le temps vint où mon maître jeta sur toi les yeux. Il s’enfallait bien que la nature eût encore parlé, lorsque le fer te sé-para de la nature. .Te ne te dirai point si je te plaignis, ou sije sentis du plaisir à te voir élevé jusqu’à moi. J’apaisai tes