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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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LETTRES PERSANES.

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iastiques de l’autre : vous diriez que les parties en ont été fai-tes , et le tout rassemblé par quelque ennemi secret de la rai-son humaine.

Le seul de leurs livres qui soit bon est celui qui a fait voirle ridicule de tous les autres ».

Ils ont fait des découvertes immenses dans le nouveaumonde, et ils ne connaissent pas encore leur propre conti-nent : il y a sur leurs rivières tel port qui n’a pas encore étédécouvert, et dans leurs montagnes des nations qui leur sontinconnues 2 .

. Ils disent que le soleil se lève et se couche dans leur pays :mais il faut dire aussi qu’en faisant sa course il ne rencontreque des campagnes ruinées et des contrées désertes.

Je ne serais pas fâché, Usbek, de voir une lettre écrite àMadrid par un Espagnol qui voyagerait en France; je croisqu’il vengerait bien sa nation. Quel vaste champ pour unhomme flegmatique et pensif ! Je m’imagine qu’il commen-cerait ainsi la description de Paris :

Il y a ici une maison où l’on met les fous : on croirait d’a-bord qu’elle est la plus grande de la ville ; non : le remèdeest bien petit pour le mal. Sans doute que les Français, extrê-mement décriés chez leurs voisins, enferment quelques fousdans une maison, pour persuader que ceux qui sont dehors nele sont pas.

Je laisse là mon Espagnol. Adieu, mon cher Usbek.

De Paris, le 17 de la lune de Saphar, 1715.

LXXIX. USBEK A RHÉD1.

A. Venise.

La plupart des législateurs ont été des hommes bornés que

1 Le Don Quichotte. Voyez le chapitre vi de la première partie, oùle curé el le barbier, après avoir passé en revue la bibliothèque du che-valier de la Manche, font justice des livres qu’elle renferme. (P.)

2 Les Batuécas.