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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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LETTRES PERSANES.

serte, et ne profite point des pertes continuelles de l’Afrique.Ces esclaves, qu’on transporte dans un autre climat, y péris-sent à milliers ; et les travaux des mines , où l’on occupe sanscesse et les naturels du pays qt les étrangers, les exhalaisonsmalignes qui en sortent, le vif-argent dont il faut faire uncontinuel usage, les détruisent sans ressource.

11 n’y a rien de si extravagant que de faire périr un nombreinnombrable d’hommes pour tirer du fond de la terre l’or etl’argent, ces métaux d’eux-mêmes absolument inutiles, etqui ne sontdes richesses que parce qu’en les a choisis pour euêtre les signes.

A Paris, le dernier de la lune de Chahban, 17 is.

CXX. USBEK AU MÊME.

La fécondité d’un peuple dépend quelquefois des plus peti-tes circonstances du monde : de manière qu’il ne faut sou-vent qu’un nouveau tour dans son imagination pour le rendrebeaucoup plus nombreux qu’il n’était.

Les Juifs, toujours exterminés et toujours, renaissants ontréparé leurs pertes et leurs destructions continuelles par cetteseule espérance qu’ont parmi eux toutes les familles, d’y voirnaître un roi puissant qui sera le maître de la terre.

Les anciens rois de Perse n’avaient tant de milliers de su-jets qu’à cause de ce dogme de la religion des mages, que lesactes les plus agréables à Dieu que les hommes puissent faire,c’était de faire un enfant, labourer un champ , et planter unarbre.

Si la Chine a dans son sein un peuple si prodigieux, celane vient que d’une certaine manière de penser ; car, commeles enfants regardent leurs pères comme des dieux, qu’ils lesrespectent comme tels dès cette vie, qu’ils les honorent aprèsleur mort par des sacrifices dans lesquels ils croient que leursâmes, anéanties dans le Tien, reprennent une nouvelle vie,