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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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438 LETTRES PERSANES.

partout la colère du ciel, irrité contre leur rébellion et leurperfidie.

Esprit sacré des immaums, tu pleures nuit et jour sur lesenfants du prophète que le détestable Omar a dévoyés ; tesentrailles s’émeuvent à la vue de leurs malheurs; tu désiresleur conversion, et non pas leur perte ; tu voudrais les voirréunis sous l’étendard d’IIali par les larmes des saints, et nonpas dispersés dans les montagnes etdansles déserts par la ter-reur des infidèles.

A Paris, le I er de la lune de Chalvat, 17 18 .

CXXV. USBEK A RHÉD1.

A Venise.

Quel peut être le motif de ces libéralités immenses que lesprinces versent sur leurs courtisans ? Veulent-ils se les atta-cher? ils leur sont déjà acquis autant qu’ils peuvent l’être. Etd’ailleurs, s’ils acquièrent quelques-uns de leurs sujets enles achetant, il faut bien, par la même raison, qu’ils en per-dent une infinité d’autres en les appauvrissant.

Quand je pense à la situation des princes, toujours entourésd’hommes avides et insatiables, je ne puis que les plaindre;et je les plains encore davantage lorsqu’ils n’ont pas la forcede résister à des dèmandes toujours onéreuses à ceux qui-nedemandent rien.

Je n’entends jamais parler de leurs libéralités, des grâceset des pensions qu’ils accordent, que je ne me livre à milleréflexions : une foule d’idées se présente à mon esprit : il mesemble que j’entends publier cette ordonnance :

« Le courage infatigable de quelques-uns de nos sujets à nous« demander des pensions ayant exercé sans relâche notre<> magnificence royale, nous avons enfin cédé à la multitude>* des requêtes qu’ils nous ont présentées, lesquelles ont fait«jusqu’ici la plus grande sollicitude du trône. Ils nous ont