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sang, le lait et tons les fluides animaux. 11 a aussipuissamment contribué à l’avancement de la bota-nique, soit par ses propres travaux, soit par les en-couragements qu’il donna au célèbre Linné. Boer-haave a laissé un grand nombre d’ouvrages ; lesprincipaux sont : Institutiones medicœ, Leyde, 1708;Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis , 1709(ces deux traités, qui renferment la médecine toutentière, ont été traduits par Lamettrie) ,• Elementachimiœ, Leyde, 1732, traduit aussi par Lamettrie,1741. Ses élèves ont en outre publié sous son nomplusieurs ouvrages, enlre autres .- Melhodusdiscendimedicinam , revu par Haller, 1751. Enfin on lui doitun grand nombre d’éditions d’ouvrages anciens ounouveaux, telles que celle d'Arétée, Leyde, 1731, etde l 'Hisloria insectorum de Swammerdam, 1737.Tous ses ouvrages ont été réunis à Venise, 1766 ,in-4. Boerhaave avait acquis une réputation univer-selle ; on raconte qu’un savant de la Chine lui écrivit :A M. Boerhaave , médecin en Europe,’ et que la lettrelui arriva exactement. 11 fut comblé d’honneurs parla ville de Leyde et fut agrégé ;à l'Académie desSciences de Paris, à la Société royale de Londres, etc.
BOETIE (Etienne de la). Voy. la boétie.
BOG ou BOUG, Hypanis, riv. de la Russie d’Eu-rope, prend sa source dans la Volhynie, arrose lesgouvernements de Polodie et de Kherson, tombedans le Dniepr vis-à-vis de Fédorovka , après avoirreçu la Siniouka, la Kolima, l’Ingoul, etc., dansun cours de 530 kil.
BOG ou bug, riv. qui prend sa source dans la partieorient, de la Galicie, coule au N. O. jusqu'à Chris-tianpol, et de là au N. ; sépare la Pologne de laRussie, et finit par se joindre à la Vistule à 26 kil.N. 0. de Varsovie, après un cours de 650 kil.
BOGDAN , princes moldaves. Voy. Moldavie.
BOGL1POUR, ville de l’Inde. Voy. moxgiur.
BOGODOUKOV, ville de la Russie d’Europe(Charkov), à 102 kil. N. E. de Pullawa ; 6,000 hab.
BOGOM1LES ou BOGARMITES , hérétiques deBulgarie, appartenant à l’église grecque, sont ainsinommés de deux mots esclavons : Bog, Dieu, etmilotii , ayez pitié de nous. Ils parurent pour la pre-mière fois dans le xn e siècle à Constantinople, oùl’empereur Alexis Comnène fit brûler (vers 1118)le médecin Basile, qui était leur chef. Ils niaientla Trinité, l'institution des sacrements et celle desprêtres, et ne voulaient point d’autre prière que lePater. On trouve encore de ces hérétiques en Russieoù ils ont été introduits, vers 1150, par le moineMartin. Ils se dispensent de tout travail et se livrentà toutes sortes d’excès.
BOGOR1S, roi des Bulgares, voulut faire la guerreà l’impératrice Théodora, régente à Constantinoplepour son fils Michel ; mais cette princesse réussit àle détourner de ce projet par la persuasion, et luienvoya un évêque qui le convertit au christianisme,vers 841.
BOGOTA ou SANTA-FÉ DE BOGOTA, ch.-I. dela Nouvelle-Grenade, par 71° 40' long. O., 5° 24’lat. N., à 2,732 mètres au-dessus de la mer ; 40,000hab. Archevêché, université. Beaucoup de bellesrues et quelques monuments, entre autres la ca-thédrale. Bibliothèque, observatoire. Un tremble-ment de terre l'a fortement endommagée en 1826.Bogota a été la capitale de toute la Colombie.
BOHA1N, eh.-l. de cant. (Aisne), à 19 kil. N. E.de Saint-Quentin; 2,560 h. Châles façon cachemire ;horloges. Prisepar les lmp, en 1637,-repr. bientôt.
BOHEME (roy.de), Boiohemum en latin, Bœhm enallem., grande contrée de l’Europe, située par 9°69’ - 14° 26’ long. E. et 48° 34’- 51° 2’ lat. N., apour bornes au N. O. la Saxe, au N. E, les Étatsprussiens, à LE. la Moravie, au S. l'Autriche propreet compte 4,000,000 d’hab. Cap., Prague. Elle l'ormeaujourd'hui an des quinze grands gouvernements des
États autrichiens et se divise en 16 cercles, savoir .
Cercles.
Chefs-lieux.
Beraun,
Beraun.
Bidschow,
Gitschin.
Budweis,
Budweis (Cesky-Budiegowiecze)
Bunzlau,
Jung-Bunzlau ( Mlada - Boles-lau).
Clirudim,
Chrudim.
Czaslau,
Czaslau.
EUenbogen,
EUenbogen.
Kaurzim,
Kaurzim.
Klattan,
Klattan.
Kœnigingrætz,
Kœnigingrætz ( Kralovjy-Hra-
•
decz).
Leilmeritz,
Leitmeritz (Lilomierciicie).
Pilsen,
Pilsen.
Prachin,
Pisek.
Rakonitz,
Schlan.
Saatz,
Saatz ( Zatecz ).
Tabor,
Tabor ( Hradisztie , Chomorn).
Elle comprend en outre lecapitanat de Prague; ch.-l.,Prague ( Prag ). L’ancien royaume de Bohême formait4 provinces : Bohême proprement dite, Moravie, Lu-sace et Silésie. De hautes montagnes enferment laBohême de tous côtés, l’Erzgebirge au N., le Bœh-vnerwald à 10., les monts de Ta Moravie au S. E. etauS., les Sudètes et le Biesengebirge à l'E. Climat froid,âpre dans les montagnes, plus doux ailleurs. Minesnombreuses; argent, étain, mercure, fer, cobalt, an-timoine, pierres précieuses, marbres, albâtre, por-phyre, terre à porcelaine, sable à verre, etc. Solfertile, agriculture arriérée. Industrie active : laina-ges, cuirs, glaces, verreries très estimées, grenats,alun, poudre à tirer. Commerce important. Beau-coup de gibier, surtout de faisans; beaucoup depoissons. Les Bohèmes sont de race slave ; ils sonomment en leur langu.i Czech (prononcez Tchèque),et ont un idiome particulier. Le christianisme nes’introduisit en Bohême qu'au vm« siècle. Aujour-d’hui le catholicisme est le culte dominant; cepen-dant on y compte un grand nombre de Frères mo-raves que l’on connaît même sous le nom de Frèresbohèmes. — La Bohême doit son nom aux Boii,nation gauloise qui vint s’y fixer sous Sigovèse, en587 av. .T.-C., mais qui en fut chassée sous Au-guste, par les Marcomans, lesquels eux-mêmes fu-rent expulsés ou subjugués ou vu' siècle par lesTchèques, peuple slave, conduits par Samo. Ceux-cifondèrent divers états ou républiques dont la prin-cipale. fut celle de Prague. Tous ces états furentréunis au commencement du vin' siècle, sous unchef nommé Croc ou Crac. Przémysl, qui avaitépousé Libussa, fille de ce prince, régna aprèslui et commença en 722 une dynastie qui ne s’étei-gnit qu’en 1306, et qui, après avoir porté la couronneducale jusqu'à Wratislas 11 (1092), devint royale àpartir de ce temps, par un décret de l'empereur d’Al-lemagne Henri IV. Spitignew I avait, dès le x e siècle,reconnu la suzeraineté de l’empire germanique. Ala mort de Wenceslas II en 1306, le royaume passad’abord à Rodolphe d'Autriche, puis à Henri deCariatide, et enfin à la maison de Luxembourg quilui donna quatre rois, de 1309 à 1437. Ce fut sousle règne de Wenceslas IV, un des princes de cettemaison, que Jean Huss et ses disciples répandirent enBohême ces nouvelles doctrines religieuses qui em-brassèr. l’Allemagne et suscitèr., même après le sup-plicedeJ.Huss elJér. de Prague, condam. parle con-cile de Constance (1415), une guerre civile qui désolace pays pendant plus de 16 ans. La Bohême fut en-suite dévolue par mariage à Albert d’Autriche (1437-1439), dont le fils Ladislas I mourut en 1457, sanspostérité. Georges Podiebrad, simple gentilhommebohémien, fut alors élu : il se maintint jusqu’en 1471,malgré les foudres du Vatican, la trahison de songendre Mathias. roi de Hongrie, et la rébellion des