CENI — 338 — CENT
l'ensemble des quatre Lyonnaises. Voy. lyonnaise.
CELTIQUES, Celtici, peuple de l'Hispanie (Lusi-tanie), entre l'embouchure du Tagus (Tage ) et unepartie du cours inférieur de T.-liia* (Guadiana ).Leur pays répond à peu près à l’Alentéjo , plus uneportion de l’Estramadure tant portugaise qu'espa-guole, et une petite partie de l'Andalousie .
CELY, village du dép. de Seine-et-Marne , à13 kil. S. 0. de Melun ; 520 hab. On voit aux en-virons un château bâti par Jacques Cœur en 1400.
CËNCHRËËS , Genchreœ, auj. Kenkri, ville dela Grèce ancienne, sur le golfe Saronique , était undes deux ports de Corinthe .
CENC1, famille romaine célèbre par ses richesses,ses crimes et ses malheurs, prétendait avoir pourtige le consul Crescence, et fournit dès 1100 uncardinal qui se rendit fameux en se révoltant contrele pape Grégoire Vil et en le retenant captif. — Leplus célèbre membre de cette famille est FrançoisCenci, qui vivait au xvi' siècle. Ses mœurs étaientfort corrompues; il fut accusé plusieurs fois d'un viceinfâme, et acheta ses juges à prix d'or. 11 avait qua-tre fils et une tille, la célèbre Béatrix Cenci ; illes maltraitait cruellement ou les faisait servir à sesplaisirs brutaux. On l'accuse même d'avoir fait assas-siner les deux aînés. Révoltée de tant d'horreurs,Béatrix, sa fille, de concert avec deux de ses frè-res et Lucrèce , leur mère, fit assassiner FrançoisCenci. Accusés de parricide, ils périrent tous quairesur l’échafaud par lasentence de Clément VIII (1005).Ce triste événement fit une impression profonde surle peuple de Rome , et pendant plusieurs siècles lenom de Béatrix Cenci s’est conservé dans leschants populaires. Le supplice des Cenei a été re-produit dans plusieurs tableaux dont le plus célè-bre se voit aujourd'hui dans le palais Colonna , àRome , et a longtemps été attribué à Guido Béni.MM. Bouilly et Ant. Béraud ont fait entrer lesaventures de Béatrix dans un drame intitulé : GuidoReni ou les Artistes.
CENDRES (mercredi des), premier jour du ca-rême dans l'église latine , et le lendemain du Mardi-Gras. On l’appelait jadis capul jejunii , le commence-ment du jeune. Chez les premiers Chrétiens, ce jourétait celui où se faisaient les pénitences publiques;les pénitents se présentaient en signe d'affliction latête couverte de cendres. Aujourd'hui, il n'y a plusde semblables pénitences, mais les fidèles se rendentà l’église, où le prêtre leur fait une croix sur lefront avec de la cendre, en prononçant ce versetde la Genèse (iii, 19) ; Memento, Itoi no. quia pulvises , et in pulverem reverleris. « Homme, souviens-toique tu es poussière et que tu retourneras en pous-sière. »
CËNE (du latin cœna, souper). Ce nom a étédonné spécialement au dernier souper (pie fit ,I.-C.avec ses apôtres rassemblés la veille du sa mort, danslequel il mangea la Pâque avec eux et après lequel ilinstitua l’Eucharistie . L’Eglise en célèbre la mémoirele jeudi saint. Comme, après la Cène, J.-C. lava lespieds aux 12 apôtres, il est d’usage aussi dans chaqueéghse de laver les pieds ce jour-là il 12 pauvres. Nosrois anciennement accomplissaient eux-mêmes cettetouchante cérémonie.—Léonard de Vinci et le Pous-sin ont représenté la Cène dans d’admirables ta-bleaux. Ils ont tous deux choisi le moment où Jésus déclare à ses apôtres qu’un d’entre eux le trahira.
CEN'EDA, Cenela ou Cenilense Castrum, villeforte du roy. Lombard-Vénitien, à 58 kil. N. de Ve-nise ; 4,500 hab. Évêché.
CÉNEROTH, ville de Judée , dans la trihn deNephtali , donna son nom au lac de Cénerolft ou doGenesaretli, dit aussi lac de Tibériade .
CENETA, ville de Venétie , auj. ceneda.
CEN1S (mont), mons Cineris ou Ginereus, monsCiuenius, Sibenicum jugum, montagne des Alpes ,
dans les États sardes, à 50 kil. E. de St-Jean d«Maurienne, à 17 kil. N. 0. de Suse , forme le nœuddes Alpes Cottiennes et des Alpes Grecques. Sescimes les plus hautes atteignent 3,500 mètres. Lemont Cenis est un des passages des Alpes les plusfréquentés. Ce passage jusqu’en 1802 ne s'effectuaitqu’à dos de mulet. Napoléon y a fait construire unesuperbe route qui mène de Lans-le-Bourg à Suse .11 a aussi considérablement augmenté l'hospice dumont Cenis, fondé jadis par Louis-le-üébonnaire.— La tradition rapporte qu'ancicnnement d'im-menscsforêtscouronnuient cette montagne,et qu'ayantélé incendiées toutes à la fois, une énorme quan-tité de cendre couvrit les lianes du mont Cenis;d’où son nom Cinereus mons (mont de cendres).
CÉNOBITE (de camos, commun, et bios , vie).On nommait ainsi certains religieux qui vivaient etcommunauté, par opposition aux anachorètes, quivivaient séparés les uns des autres. Voy. moines.
CËNOMANS, Cenomani, peuple de la GauleTransalpine , dans la Troisième Lyonnaise, faisaitpartie de la confédération des Aulerques et occupaitle pays qui forma plus tard le Maine oriental. 11avait pour capitale Suindinum ou Cenomani (auj. LeMans ). ■— Vers le iv* siècle avant J.-C., la plusgrande partie des Cénomansfit une invasion en Italie ,où ils déplacèrent les Euganei , et s’établirent au Ndu I»ô, entre l’Adige et l'Adda. Le territoire qu'ilsoccupèrent correspond à peu près aux légations deMantoue et de Brescia .
CENSEURS. On appelait ainsi à Rome certainsmagistrats dont les fonctions ne consistèrent d'abordqu'à faire le cens ou le dénombrement des citoyens,et à évaluer leur fortune ; mais dans la suite leurpouvoir acquit une plus grande importance ; ils fu-rent chargés de surveiller les mœurs et d’infligerdes notes de flétrissure aux chevaliers et aux séna-teurs, et même d’exclure ces derniers des assembléesdu sénat. Les premiers censeurs furent créés l'an442 avant J.-C.; il y en avait deux, et leurs fonc-tions devaient durer 5 ans ; mais bientôt, dans lacrainte qu'ils n’abusassent de leur autorité, on enlimita la durée à un an et demi. Cette magistraturefut d’abord réservée aux patriciens, elle devint ac-cessible aux plébéiens l’an 339 av. J ,-C. La censure futabolie sous Auguste ; toutefois les empereursen exer-cèrent eux-mêmes I«s fonctions jusqu’à Yespasien;mais après la mort de ce prince on voit disparaîtretoute trace de cette magistrature. L’empereur Dèce voulut la rétablir, mais cetto tentative n’eut pasde résultat.
CENSORINUS , grammairien latin du m* siècle,vivait sous Alexandrc-Sévèrc et ses successeurs. Deses divers ouvrages, il ne nous reste qu’un traitéDe die natali, qu'il composa à l'occasion de l’anniver-saire de la naissance d'un de scs amis, délivré traitede la naissance et de la vie de l'homme, des jours,des mois, des années, des rites religieux, et est fortprécieux pour les usages de l’antiquité. Les meilleu-res éditions sont celles d'Havcrcainp, Leyde , 1743,avec d’amples commentaires, et de Gruber, Nu-remberg , 1805. 11 a été trad. par J. Mangeart, 1843.
CENSORINUS (App. Claud.), prit la pourpre sousClaude II en 2G9, et fut tué sept jours après par sespropres soldats à cause de sa rigueur extrême.
CENT ANS (guerre de). On donne ce nom à cettelongue et sanglante rivalité qui divisa la France etl’Angleterre pendant les xiv* et xv* siècles, de 1337 à1437,sousles règnes de PhilipneVI de Valois, de Jean I,de Charles V, de Charles VI et de Charles Vil enFrance; d'Édouard 111, do Richard 11, de Henri IV ,de Henri V et de Henri VI en Angleterre . Voy.France ( partie historique), et galles (prince de),BEDFORD, DUNOIS, JEANNE D’ARC ; CIlliCY, ctO.
CENTAURES , monstres demi-hommes et demi-chevaux , nés, suivant l’opinion commune, d'Ixion