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Dictionnaire universel d'histoire et de géographie : contenant 1. l'histoire proprement dite..., 2. la biographie universelle..., 3. la mythologie..., 4. la géographie ancienne et moderne... ; ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction publique et approuvé par Mgr l'Archevêque de Paris / par M.-N. Bouillet
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où il se lia avec les savants , particulièrement avecMersenne, Mydorge , Sorbière, Clersellier, et aprèsêlre resté plusieurs années indécis sur le choixd'un état, il résolut de se livrer tout entier à laméditation. Pour y mieux réussir, il quitta laFrance , où il eût trouvé trop de distractions, et seretira en Hollande (1G29), où il vécut dans la re-traite , habitant tantôt Amsterdam, Deventer, LaHaye ou Leyde , tantôt les délicieuses solitudesd'Eyndegeest ou d’Egmont. Le premier fruit de sestravaux avait été un Traité du Monde , dans lequel iladmettait, comme Galilée , le mouvement de la terre;mais il supprima prudemment cet ouvrage dès qu’ilconnut la condamnation du philosophe italien (1633).En 1637 il publia le Discours de la Méthode , avec laDioptrique , les Météores et la Géométrie, rédigés enfrançais ; il y enseignait une méthode nouvelle quidevait faire révolution dans la philosophie, et il pré-sentait comme applications de cette méthode plu-sieurs de ses plus admirables découvertes. En 1641parurent les Méditations sur la philosophie pre-mière , qu'il rédigea en latin , et qu'il dédia àla Sorbonne ; elles furent suivies en 1644 des Prin-cipes de la philosophie , écrits aussi en latin, et oùl'auteur présentait l'ensemble de sa doctrine. Cesouvrages attirèrent à Descartes un grand nom-bre d'admirateurs, mais ils lui suscitèrent ausside vives contradictions et même des persécutions.A la tète de ses adversaires se plaça un théologiend'Utrecht , Gishert Voët, qui l'accusa d'athéisme, etfut sur le point de faire brûler ses livres par lamain du bourreau (1643). Quelques-uns de ses écritsfurent mis à l'index. Il eut aussi à répondre auxobjections toutes philosophiques de Hobbes, de Gas-sendi , d’Arnaud et d'un grand nombre d'autres.Mais d'un autre côté il comptait d'illustres suffra-ges : ses principes étaient enseignés dans plusieursuniversités; la princesse Élisabeth, fille de l'électeurpalatin Frédéric V , recherchait ses entretiens; Ma-zarin lui accordait une pension de mille écus (1647);enfin la reine Christine le pressait de se rendre àsa cour. Flatté de cette invitation, üescartes partitpour Stockholm à la fin de 1649, mais au bout depeu de mois il succomba à la rigueur du climat. 11mourut en 1660 , âgé de près de 64 ans. Sesrestes furent rapportés en France en 1667 , et dé-posés avec honneur à Sainte-Geneviève, mais il nefut pas permis de prononcer son oraison funèbre.Descartes est regardé comme le rénovateur dessciences. Sentant combien étaient peu solides la plu-part des connaissances que les anciens nous onttransmises , il résolut de douter provisoirement detout et de reconstruire l'édifice entier sur de nou-velles bases en ne se fiant qu'à l'évidence, et en suivantune méthode toute nouvelle. Dans les travaux qu’ilentreprit pour opérer cette grande restauration, ilfaut distinguer le métaphysicien, le mathématicien,le physicien et l'astronome. En métaphysique, ilprit pour point de départ ce célèbre enthymème,Je pense, donc je suis, et se servit de cette premièrevérité pour établir et l’existence de Dieu , qu'ilfonde sur l'idée même que nous en avons, et celledes corps, qu'il fonde sur la véracité de Dieu ; ildistingua nettement l'esprit de la matière, maissans expliquer l'action réciproque des deux subs-tances; plaça le siège de l’âme dans la glande pi-néale ; enfin réduisit les animaux à n’êlre que depures machines. En mathématiques, il fit faire unpas immense par l'invention d'un nouveau mode denotation en algèbre, celui des exposants, et par l’ap-plication de cette science à la géométrie des cour-bes ; ce qui lui permit de résoudre comme en sejouant des problèmes regardés Jusqu'alors commeinsolubles. En physique, il découvrit la véritableloi de la réfraction, et proposa la plus exacte théoriede l'aro-en-ciel qu’on pût donner alors ; mais il se li-

vra aussi trop souvent, dans l'explication des météoresauxhypothèseslesplusgratuites. En astronomie eteôcosmologie, il imagina ce fameux système des tour-billons, suivant lequel le soleil et“ les étoiles fixessont le centre d'autant de tourbillons de matièresubtile qui font circuler autour d'eux les planètes;mais, moins hardi que Copernic , il ajoutaitque tous ces tourbillons circulaient eux-mêmes au-tour de la terre. Il s’occupa aussi beaucoup de phy-siologie et d'anatomie. Les ouvrages de Descartes ,outre ceux que nous avons cités, sont les Passionsde l'âme , Amsterdam , 1649 ; le Monde ou Traité dela lumière, 1664 (posthume) ; Traité de l'homme et dela formation du fwtus , 1664 ; Compendium musicæ,1660 ; la Mécanique, 1668 ; et de nombreuses Lettres,

1667-G7. Plusieurs de ses ouvrages, qui étaient écritsen latin, ont été traduits par Clersellier, notam-ment ; ses Lettres, 1667, 3 vol. in-4 ; les Méditations,1673 (déjà traduit dès 1647 par le duc de Luynes);le Traité de l’Holoime, 1677 ; les Principes, 1081.L’édition de ses Œuvres la plus récente et la pluscomplète est celle de M. V. Cousin, en 11 volumesin-8, Paris , 1824-1826; M. Ad. Garnier a donnéà part les œuvres purement philosophiques. 1836,

4 vol. in-8, avec des notes. La vie de Descartes a été écrite par Baillet, 1691 ; son éloge a été eom-par Thomas et par Gaillard, 1761. —Malgré l’oppo-sition que la philosophie de Descartes avait ren-contrée à son début, elle ne laissa pas de se pro-pager dans toute l'Europe, et d’y obtenir, sous lenom de cartésianisme, un grand nombre de parti-sans, qui furent appelés Cartésiens. Parmi ceux-ci,les uns, comme Delaforge, Clersellier, Clauberg,Sylvain Régis, Jacques Rohault , se contentèrent dereproduire la doclrine du maître , et de la com-menter timidement; les autres, comme Malebran-ehe, Spinosa , Fardella, en tirèrent des conséquenceschacun à leur manière, et bâtirent des systèmes quis’en écartaient fort ; d'autres enfin n’cmprunlèrentà Descartes que son esprit et sa méthode, dont ilsse servirent, tantôt pour défendre les vérités reli-gieuses et morales, comme Arnaud, Bossuet , Féne-lon, Nicole, et la plupart des Jansénistes de Port-Royal; tantôt pour battre en brèche toutes les croyan-ces ; Bayle descend en ligne directe de cette classeparticulière de cartésiens. Après une vogue de plusd'un demi-Biècie, le cartésianisme s’éclipsa rapide-ment devant la faveur qui s’attachait aux systèmesnouveaux de Locke, de Newton, de Leibnitz ; cepen-dant il continua d’être en France la philosophiedominante jusqu'à Condillac. Voltaire lui porta lesderniers coups.

DESCHAMPS (Eustache), dit Morel parce qu'ilfut prisonnier chez les Maures , vieux poêle fran-çais, né au milieu du xi\ " siècle à Vertus en Cham-pagne , mort en 1421 , suivit la profession des ar-mes. Son ouvrage le plus étendu est intitulé ; Mi-roir de la Vérité . 11 a écrit un grand nombre de fa-bles; La Fontaine en a imité quelques-unes , no-tamment la Cigale et la Fourmi et le Conseil tenupar les Bats. M. Crapelet a publié en 1832 unchoix de ses poésies.

deschamps (François-Michel-Chrétien), poète, neprès de Troyes en 1683, mort en 1747, lut abbé,puis militaire et enfin financier. On a de lui plu-sieurs tragédies : Caton d’Vtique, 1715; Antiochus et Cléopâtre, 1717; Médus, 1739. On lui doit aussila Religion défendue contre l’Épître à Uranie, et desRecherches historiques sur le théâtre français .

DESCOUTURES. Voy. coutciies (des).

DESENZANO , ville du roy. Lombard-Vénitien,à 25 kil. S. E. de Brescia , sur le lac de Garda;3,500 hab. Bon port. Pêche active. Vins estimes.

DÉSERTES jîles), groupe d'îles de l'Océan Al-lantique, à TE. de Madère, par 32° 30 lat. JM.-18° 56' long. O. Auj. elles ne méritent plus leur nom,