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Dictionnaire universel d'histoire et de géographie : contenant 1. l'histoire proprement dite..., 2. la biographie universelle..., 3. la mythologie..., 4. la géographie ancienne et moderne... ; ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction publique et approuvé par Mgr l'Archevêque de Paris / par M.-N. Bouillet
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avec Regnard; puis, s’étant brouillé avec son ami,il composa seul. Ses meilleures pièces sont : l'Espritde contradiction ; le Double Veuvage ; le Mariage faitet rompu ; la Réconciliation normande, la Noce in-terrompue; toutes pétillent d'esprit et de gaieté. Ona de lui en outre : des Nouvelles , des Amusementssérieux et comiques, des Poésies diverses. Son Théâ-tre forme G vol. in—12, Amsterdam , 1731. M. Augera donné ses Œuvres choisies, 1810, 2 vol. in-18.

DUGALD STEWART , philosophe. Voy. stewart.

DUGAS-MONTBEL (Jean-Baptiste), né à Saint-Ghamond dans le Forez en 1776, et mort en 1834,fut d’abord à la tête d’une grande maison de com-merce, mais quitta les affaires à 30 ans, pour se li-vrer tout entier aux lettres et à l'étude de l'anti-quité. On lui doit la meilleure trad. d’Homère enprose française et la seule qui soit complète. Elle aété publiée avec un précieux commentaire et avecl’Histoire des poésies homériques, Paris , 1828-33,9 vol. in-8. Cette trad. ouvrit à Dugas-Montbel lesportes de l'Institut. 11 fut nommé député en 1830.

DUGAZON (H. gourgaud , dit), comédien, névers 1741, mort en 1809, débuta en 1772 au Théâ-tre-Français dans l’emploi des valets, et succéda àPréville, dont il devint presque l’égal. Dugazon était remarquable par le jeu de sa physiortoinie ; ilavait du mordant et de la chaleur ; mais il selaissait souvent emporter par l’envie d’exciter lerire, et tombait alors dans le mauvais ton. Pen-dant la révolution, Dugazon donna deux pièces decirconstance très médiocres, l’Émigrante et le Mo-déré. 11 arrangea en outre et augmenta de troisscènes les Originaux, comédie de Fagan, qu’il pu-blia en 1802.—Pour sa sœur, Voy. M me vestris.

dugazon (Louise-Rosalie lefèvre) , femme duprécédent, célèbre actrice de l’Opéra-Comique, néeà Berlin en 1755, morte à Paris en 1821, jouait lesamoureuses avec tant de perfection qu’elle a donnéson nom à plusieurs rôles de cet emploi.

DUGÜALË (sir William), historien et antiquaireanglais , né en 1605 dans le comté de Warwick,mort en 1686, fut nommé en 1644 héraut (harald)de Chester, et devint en 1667 roi d’armesde l’ordrede la Jarretière. Il publia en latin et en anglais onze ouvrages volumineux sur l’histoire et les an-tiquités de son pays ; les principaux sont: les Anti-quités du comté de Warwick, Londres , 1656, in-fol.;Baronage of England ou Histoire de la noblesse an-glaise depuis le temps des Saxons, 1675-76, 3 vol.ïn-fol.: Monasticon Anglicanum, 1655-61, in-fol.:Histoire de l'église de Saint-Paul, 1658.

DUGOMMIER (Jean-François coquille), généralfrançais, né en 173Gâ la Basse-Terre (Guadeloupe ),fut nommé en 1789 commandant de la garde na-tionale de la Martinique , et prit une part très ac-tive aux troubles qu’y suscitèrent en sens divers lesidées révolutionnaires. En 1792 il passa en France ,et fut élevé au grade de général de division. Chargédu siège de Toulon vers la fin de 1793, il le dirigeaavec habileté et vigueur, mais il fut étranger au?massacres qui suivirent la reddition de la place. 11reçut aussitôt après le commandement de l’arméedes Pyrénées-Orientales et remporta plusieurs avan-tages signalés sur les Espagnols ; mais il fut tuéd’un éclat d obus dans un nouveau combat livréprès de Saint-Sébastien en novembre 1794.

DUGUAY-TROUIN (René), l’un des plus célèbresmarins français, né à Saint-Malo en 1673, d’un ri-che armateur de cette ville, servit d’abord dans lamarine marchande, et s’y distingua bientôt par desi brillants faits d’armes qu’à l’âge de 23 ans ilfut présenté à Louis XIV comme un homme des-tiné à être la gloire de sa nation. En 1697 Duguay-Trouin passa de la marine marchande dans la ma-rine royale. La guerre pour la succession d’Espagne s’étant allumée, Duguay-Trouin , avec deux vaisseaux

et trois frégates, résista à une escadre hollandaisede 15 vaisseaux de guerre en 1703, et en 1704 ilprit sur les côtes d’Angleterre un vaisseau de guerrede 54 canons avec 12 vaisseaux marchands. En1706, il attaqua avec trois vaisseaux, à la hauteurde Lisbonne, la flotte du Brésil , escortée par 10 vais-seaux de guerre, et qui était chargée de vivres etde munitions pour l'arcliiduc: le combat dura deuxjours, et jamais Duguay-Trouin ne montra plus d’in-trépidité ; mais des circonstances malheureusesfirent échouer ses projets. En 1707, il répara com-plètement cet échec en s’emparant d’un convoi de200 voiles, escorté par six gros vaisseaux de guerre.Cette action brillante acheva de ruiner en Espagne les affaires de l’archiduc. De toutes les expéditionsde Duguay-Trouin , la plus célèbre est la prise deRio-Janeiro (1711). Les fortifications de cette placeparaissaient inexpugnables ; en onze jours elles fu-rent toutes enlevées. En 1715, il fut nommé chefd’escadre, et en 1728 lieutenant-général. En 1731,il reçut de Louis XV le commandement d’une esca-dre destinée à soutenir l’éclat de la nation françaisedans le Levant, et avec elle il fit rentrer les cor-saires de Tunis dans le devoir. Ce fut là son der-nier fait d’armes; il mourut à Paris en 1736. SesMémoires, rédigés par lui-même, ont paru à Paris en 1740, in-4 ; sa Vie a été écrite par Richer,1784, in-18 ; son Éloge, par Thomas, 1761, in-8.

DU GUESCLIN (Bertrand), connétable de France ,né vers 1314, dans le château de la Motte-Broon,près de Dinan , d’une des plus anciennes familles deBretagne , se fit remarquer dès son enfance par saforce et son habileté dans les exercices du corps. Ilcommença à signaler sa bravoure dans les guerresque se livraient Charles de Blois et Jean de Mont-fort pour l’héritage du duché de Bretagne, etil sou-tint les droits du premier. 11 passa ensuite au ser-vice de la F'rance et célébra l’avénement du roiCharles V en battant à Cocherel l'armée du roi deNavarre. Après cette victoire, il vola de nouveau ausecours de Charles de Blois en Bretagne : mais, mal-gré tous ses efforts, son parti fut battu à Auray etlui-même fait prisonnier par le brave Chando3,chef de l’armée anglaise (1364). Rendu à la libertéaprès avoir payé une rançon de 100,000 livres, ilfut chargé par Charles V de délivrer le royaumedes grandes compagnies, ramas de soldats français ,anglais et bretons indisciplinés qui ravageaient lesprovinces. Du Guesclin leur persuada d’aller combat-tre en Espagne , se mit à leur tête , et les condui-sit défendre les droits de Henri de Transtamarequi disputait à Pierre-le-Cruel le trône de Castille. Ilse couvrit de gloire dans plusieurs rencontres, et déjàil avait anéanti le parti de Pierre-le-Cruel , lorsque ce-lui-ci appela à son secours les Anglais , commandéspar deux vaillants capitaines, le prince Noir etChan-dos. Du Guesclin fut défait et pris après des pro-diges de valeur à la bataille de Navarette qui avaitété livrée contre son avis (1367). Redevenu libre, ilvengea sa défaite par la victoire de Monticl, 1369,. etrétablit Henri sur le trône. Après tant de triomphes,il fut nommé connétable de'France par Charles V (1370), et chassa entièrement les Anglais de la Nor-mandie, de la Guyenne et du Poitou . Charles ayantréuni en 1378 la Bretagne à la France , les soldatsbretons, jaloux de l’indépendance de leur patrie,désertèrent l’armée de Du Guesclin, et le connétablefut soupçonné lui-même de trahison. Indigné d untel soupçon, il renvoya aussitôt au roi son épée deconnétable, et quoique le roi, ayant reconnu soninnocence, le pressât de la reprendre, il ne voulutjamais y consentir. 11 forma alors le projet de pas-ser en Espagne auprès de Henri de Transtamare;mais avant de quitter la France , il voulut s illustrerpar un dernier exploit, et il se rendit devant le cha-peau de Randam (Châteauneuf-Randon ), que le ma-