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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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CE QUI PLUT AUX DAMES.

Son nez pointu touche à son court menton,

D’un rouge brun sa paupière est bordée ;Quelques crins blancs couvrent son noir chignon ;En vieux tapis, qui lui sert de jupon,

Tombe à moitié sur sa cuisse ridée :

Elle fit peur au brave chevalier.

Elle l’accoste; et, d’un ton familier,

Lui dit : « Mon fils, je vois à votre mineQue vous avez un chagrin qui vous mine ;Apprenez-moi vos tribulations :

Nous souffrons tous; mais parler nous soulage;Il est encor des consolations.

J’ai beaucoup vu : le sens vient avec l’âge.

Aux malheureux quelquefois mes avisOnt fait du bien quand on les a suivis. »

Le chevalier lui dit : « Hélas ! ma bonne,

Je vais cherchant des conseils, mais en vain.Mon heure arrive, et je dois en personne,

Sans plus attendre , être pendu demain,

Si je ne dis à la reine, à ses femmes,

Sans les fâcher, ce qui plaît tant aux dames. »La vieille alors lui dit : « Ne craignez rien :Puisque vers moi le bon Dieu vous envoie,Croyez, mon fils, que c’est pour votre bien.Devers la cour cheminez avec joie :

Allons ensemble, et je vous apprendraiCe grand secret de vous tant désiré.Maisjurez-moi qu’en me devant la vie,

Vous serez juste, et que de vous j’auraiCe qui me plaît et qui fait mon envie :L’ingratitude est un crime odieux ;

Faites serment, jurez par mes beaux yeuxQue vous ferez tout ce que je désire. »

Le bon Robert le jura, non sans rire.

« Ne riez point, rien n’est plus sérieux,