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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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<> CE QUI PLAIT AUX DAMES.

Reprit la vieille ; » et les voilà tous deuxQui, côte à côte, arrivent en présenceDe reine Berthe et de la cour de France.

Incontinent le conseil assemblé,

La reine assise, et Robert appelé :

« Je sais, dit-il votre secret, mesdames :

Ce qui vous plaît en tous lieux, en tous temps,

Ce qui surtout lemporte dans vos âmes,

Nest pas toujours davoir beaucoup damants :

Mais fille, ou femme, ou veuve, ou laide, ou belle,Ou pauvre, ou riche, ou galante, ou cruelle,

La nuit, le jour, veut être, à mon avis,

Tant quelle peut, la maîtresse au logis.

Il faut toujours que la femme commande,

Cest son goût : si jai tort, quon me pende. »Comme il parlait, tout le conseil conclutQuil parlait juste, et quil touchait au but.

Robert absous baisait la main de Berthe,

Quand, de haillons et de fange couverte,

Au pied du trône on vit notre sans dentCriant justice, et la presse fendant.

On lui fait place, et voici sa harangue :

« O reine Berthe ! ô beauté dont la langueNe prononça jamais que vérité,

Vous dont lesprit connaît toute équité,

Vous dont le cœur souvre à la bienfaisance,

Ce paladin ne doit quà ma scienceVotre secret; il ne vit que par moi.

Il a juré mes beaux yeux et sa foiQue jobtiendrais de lui ce que jespère :

Vous êtes juste, et jattends mon salaire. »

« II est très-vrai, dit Robert, et jamaisOn ne me vit oublier les bienfaits.

Mes vingt écus, mon cheval, mon bagage,

Et mon armure, étaient tout mon partage,