<> CE QUI PLAIT AUX DAMES.
Reprit la vieille ; » et les voilà tous deuxQui, côte à côte, arrivent en présenceDe reine Berthe et de la cour de France.
Incontinent le conseil assemblé,
La reine assise, et Robert appelé :
« Je sais, dit-il votre secret, mesdames :
Ce qui vous plaît en tous lieux, en tous temps,
Ce qui surtout l’emporte dans vos âmes,
N’est pas toujours d’avoir beaucoup d’amants :
Mais fille, ou femme, ou veuve, ou laide, ou belle,Ou pauvre, ou riche, ou galante, ou cruelle,
La nuit, le jour, veut être, à mon avis,
Tant qu’elle peut, la maîtresse au logis.
Il faut toujours que la femme commande,
C’est là son goût : si j’ai tort, qu’on me pende. »Comme il parlait, tout le conseil conclutQu’il parlait juste, et qu’il touchait au but.
Robert absous baisait la main de Berthe,
Quand, de haillons et de fange couverte,
Au pied du trône on vit notre sans dentCriant justice, et la presse fendant.
On lui fait place, et voici sa harangue :
« O reine Berthe ! ô beauté dont la langueNe prononça jamais que vérité,
Vous dont l’esprit connaît toute équité,
Vous dont le cœur s’ouvre à la bienfaisance,
Ce paladin ne doit qu’à ma scienceVotre secret; il ne vit que par moi.
Il a juré mes beaux yeux et sa foiQue j’obtiendrais de lui ce que j’espère :
Vous êtes juste, et j’attends mon salaire. »
« II est très-vrai, dit Robert, et jamaisOn ne me vit oublier les bienfaits.
Mes vingt écus, mon cheval, mon bagage,
Et mon armure, étaient tout mon partage,