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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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CE QUI PLAIT AUX DAMES.

Il obéit ; et, se piquant dhonneur,

Nécoutant plus que sa rare valeur,

Aidé du ciel, trouvant dans sa jeunesseCe qui tient lieu de beauté, de tendresse,Fermant les yeux, se mit à son devoir.

« Cen est assez, lui dit sa tendre épouse ;Jai vu de vous ce que jai voulu voir :

Sur votre cœur jai connu mon pouvoir ;

De ce pouvoir ma gloire était jalouse.

Javais raison : convenez-en, mon fils :

Femme toujours est maîtresse au logis.

Ce quà jamais, Robert, je vous demande,Cest quà mes soins vous vous laissiez guider :Obéissez ; mon amour vous commandeDouvrir les yeux et de me regarder. »

Robert regarde : il voit, à la lumièreDe cent flambeaux sur vingt lustres placés,Dans un palais, qui fut cette chaumière,

Sous des rideaux de perles rehaussés ,

Une beauté dont le pinceau dApelleOu de Vanlo, ni le ciseau fidèleDu bon Pigal, Le Moine , ou Phidias,Nauraient jamais imité les appas.

Cétait Vénus, mais Vénus amoureuse,

Telle quelle est quand, lès cheveux épars ,

Les yeux noyés dans sa langueur heureuse,Entre ses bras elle attend le dieu Mars.

« Tout est à vous, ce palais, et moi-même ;Jouissez-en, dit-elle à son vainqueur :

Vous navez point dédaigné la laideur,

Vous méritez que la beauté vous aime. »

Or maintenant jentends mes auditeursMe demander quelle était cette belleDe qui Robert eut les tendres faveurs :