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CE QUI PLAIT AUX DAMES.
Il obéit ; et, se piquant d’honneur,
N’écoutant plus que sa rare valeur,
Aidé du ciel, trouvant dans sa jeunesseCe qui tient lieu de beauté, de tendresse,Fermant les yeux, se mit à son devoir.
« C’en est assez, lui dit sa tendre épouse ;J’ai vu de vous ce que j’ai voulu voir :
Sur votre cœur j’ai connu mon pouvoir ;
De ce pouvoir ma gloire était jalouse.
J’avais raison : convenez-en, mon fils :
Femme toujours est maîtresse au logis.
Ce qu’à jamais, Robert, je vous demande,C’est qu’à mes soins vous vous laissiez guider :Obéissez ; mon amour vous commandeD’ouvrir les yeux et de me regarder. »
Robert regarde : il voit, à la lumièreDe cent flambeaux sur vingt lustres placés,Dans un palais, qui fut cette chaumière,
Sous des rideaux de perles rehaussés ,
Une beauté dont le pinceau d’ApelleOu de Vanlo, ni le ciseau fidèleDu bon Pigal, Le Moine , ou Phidias,N’auraient jamais imité les appas.
C’était Vénus, mais Vénus amoureuse,
Telle qu’elle est quand, lès cheveux épars ,
Les yeux noyés dans sa langueur heureuse,Entre ses bras elle attend le dieu Mars.
« Tout est à vous, ce palais, et moi-même ;Jouissez-en, dit-elle à son vainqueur :
Vous n’avez point dédaigné la laideur,
Vous méritez que la beauté vous aime. »
Or maintenant j’entends mes auditeursMe demander quelle était cette belleDe qui Robert eut les tendres faveurs :