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l’éducation d’un prince.
Qui, toujours se signant et disant ses rosaires,
Leur prêchait la constance, et se mourait de peur.
Quand tout fut garrotté, les vainqueurs partagèrentLe hutin, qu’en trois lots les émirs arrangèrent :
Les hommes, les chevaux, et les châsses des saints.D’abord on dépouilla les bons Bénéventins :
Les tailleurs ont toujours déguisé la nature;
Ils sont trop charlatans, l’homme n’est point connu.L’habit change les mœurs ainsi que la figure :
Pour juger d’un mortel, il faut le voir tout nu.
Du chef des musulmans le duc fut le partage.
Il était, comme on sait, dans la fleur de son âge ;
Il paraissait robuste ; on le fit muletier.
Il profita beaucoup dans ce nouveau métier.
Ses muscles, énervés par l’infâme mollesse,
Prirent dans le travail une heureuse vigueur :
Le malheur l’instruisit, il dompta la paresse;
Son avilissement fit naître sa valeur.
La valeur sans pouvoir est assez inutile ;
C’est un tourment de plus. Déjà paisiblementAbdala s’établit dans son appartement,
Boit le vin des vaincus, malgré son évangile.
Les dames de la cour, les dames de la ville,Conduites chaque nuit par son eunuque noir,
A son petit coucher arrivent à la file,
Attendent ses regards, et briguent son mouchoir.
Les plaisirs partageaient les moments de sa vie.
Monseigneur cependant, au fond de l’écurie,
Avec ses compagnons, ci-devant ses sujets,
Une étrille à la main, prenait soin des mulets.
Pour comble de malheur, il vit la belle Amide,
Que le noir circoncis, ministre de l’Amour,
Au superbe Abdala conduisait à son tour.
Prêt à s’évanouir, il s’écria : « Perfide !
Ce malheur me manquait, voici mon dernier jour. »