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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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léducation dun pkince.

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Leunuque à son discours ne pouvait rien comprendre.Dans un autre langage Amide réponditDun coup dœil douloureux, dun regard noble et tendre,Qui pénétrait à lâme, et ce regard lui dit :

« Consolez-vous, vivez, songez à me défendre;Vengez-moi, vengez-vous : votre nouvel emploiNe vous rend à mes yeux que plus digne de moi. »Alamon lentendit, et reprit lespérance.

Amide comparut devant son excellence :

Le corsaire jura que jusques à ce jourIl avait en effet connu la jouissance,

Mais quen voyant Amide il connaissait lamour.

Pour lui plaire encor plus elle fit résistance ;

Et ces refus adroits, annonçant les plaisirs,

En les fesant attendre irritaient ses désirs.

Les femmes ont toujours des prétextes honnêtes :

» Je suis, lui dit Amide, au rang de vos conquêtes ;

Vous êtes invincible en amour, aux combats,

Et tout est à vos pieds, ou veut être en vos bras ;

Mais souffrez que trois jours mon bonheur se diffère,

Et, pour me consoler de ces tristes délaisA mon timide amour accordez deux bienfaits. »

« Quordonnez-vous? parlez, répondit le corsaire ;

Il nest rien que mon cœur refuse a vos attraits. »

« Des faveurs que jattends, dit-elle, la premièreEst de faire donner deux cents coups d étrivièreA trois Bénéventins que jai mandés exprès ;

La seconde, seigneur, est davoir deux mulets.

Pour maller quelquefois promener en litière,

Avec un muletier qui soit selon mon choix. »

Abdala répliqua : « Vos désirs sont mes lois. »

Ainsi dit, ainsi fait. Le très-indigne prêtre,

Et les deux conseillers, corrupteurs de leur maître,Eurent chacun leur dose, au grand contentementDe tous les prisonniers et de tout Bénévent;

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