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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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l'éducation dun pkince.

Et le jeune Alamon goûta le bien suprêmeDêtre le muletier de la beauté quil aime.

« Ce nest pas tout, dit-elle, il faut vaincre et régner.La couronne ou la mort à présent vous appelle :

Vous avez du courage, Émon vous est fidèle ;

Je veux aussi vous lêtre, et ne rien épargnerPour vous rendre honnête homme, et servir ma patrie.Au fond de son exil allez trouver Émon ;

Puisque vous avez tort, demandez-lui pardon.

11 donnera pour vous les restes de sa vie ;

Tout sera préparé, revenez dans trois jours.

Hâtez-vous : vous savez que je suis destinéeAux plaisirs dAbdala la troisième journée :

Les moments sont bien chers à la guerre, en amours. »Alamon répondit : « Je vous aime, et jy cours. »

Il part. Le brave Émon, quavait instruit Amide,Aimait son prince ingrat devenu malheureux.

Il avait rassemblé des amis généreux,

Et de soldats choisis une troupe intrépide.

Il embrassa son prince, ils pleurèrent tous deux ;

Ils sarment en secret, ils marchent en silence.

Amide parle aux siens, et réveille en leur cœur,

Tout esclaves quils sont, des sentiments dhonneur.Alamon réunit laudace et la prudence ;

Il devint un héros sitôt quil combattit.

Le Turc, aux voluptés livré sans défiance,

Surpris par les vaincus, à son tour se perdit.

Alamon triomphant au palais se rendit,

Au moment que le Turc, ignorant sa disgrâce,

Avec la belle Amide allait se mettre au lit.

Il rentra dans ses droits, et se mit à sa place.

Le confesseur anive avec mes deux fripons,

Tout fraîchement sortis de leurs sales prisons,

Disant avoir tout fait, et nayant rien pu faire :

Us pensaient conserver leur empire ordinaire.