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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES TROIS MANIÈRES.

Que les Athéniens étaient un peuple aimable !

Que leur esprit menchante, et que leurs fictionsMe font aimer le vrai sous les traits de la fable !

La plus belle, à mon gré, de leurs inventions

Fut celle du théâtre, lon fesait revivre

Les héros du vieux temps, leurs mœurs, leurs passions.

Vous voyez aujourdhui toutes les nations

Consacrer cet exemple, et chercher à le suivre.

Le théâtre instruit mieux que ne fait un gros livre.Malheur aux esprits faux dont la sotte rigueurCondamne parmi nous les jeux de Melpomène !

Quand le ciel eut formé cette engeance inhumaine,

La nature oublia de lui donner un cœur.

Un des plus grands plaisirs du théâtre dAthèneEtait de couronner, dans des jeux solennels ,

Les meilleurs citoyens, les plus grands des mortels :

En presence du peuple on leur rendait justice.

Ainsi jai vu Villars, ainsi jai vu Maurice,

Quun maudit courtisan quelquefois censura,

Du champ de la victoire allant à lOpéra,

Recevoir des lauriers de la main dune actrice.

Ainsi quand Richelieu revenait de Mahon(Quil avait pris pourtant en dépit de lenvie),

Partout sur son passage il eut la comédie ;

On lui battit des mains encor plus quà Clairon.

Au théâtre dEschyle, avant que MelpomèneSur son cothurne altier vînt parcourir la scène,

On décernait les prix accordés aux amants.

Celui qui, dans lannée, avait pour sa maîtresseFait les plus beaux exploits, montré plus de tendresse,Mieux prouvé par les faits ses nobles sentiments,