50
LES FINANCES.
ENVOI A MADAME DE FLORIAN 1 •
Chloé, quand mon impertinenteA la fin connut la façonDe devenir femme charmante,
C’est de vous qu’elle prit leçon ;
Mais elle est loin de son modèle.
Votre sort est plus singulier :
Vous aviez pis qu’un charbonnier,
Et vous avez mieux choisi qu’elle.
1 Jolie Genevoise qui, après avoir fait divorce avec Rilliet son mari,homme d’esprit, mais un peu bizarre, avait épousé M. de Florian, gen-tilhomme de Languedoc, alors veuf d’une nièce de M. de Voltaire. ( Notedes éditeursde Kehl)
LES FINANCES.
1775 .
Quand Terray nous mangeait, un honnête bourgeois,Lassé des contre-temps d’une vie inquiète,
Transplanta sa famille au pays champenois :
Il avait près de Reims une obscure retraite ;
Son plus clair revenu consistait en bon vin.
Un jour qu’il arrangeait sa cave et son ménage,
Il fut dans sa maison visité d’un voisin,
Qui parut à ses yeux le seigneur du village :
Cet homme était suivi de brillants estafiers,
Sergents de la finance, habillés en guerriers.
Le bourgeois fit à tous une humble révérence,
Du meilleur de son cru prodigua l’abondance ;
Puis il s’enquit tout bas quel était le seigneurQui fesait aux bourgeois un tel excès d’honneur.
« Je suis, dit l’inconnu, dans les fermes nouvelles,
Le royal directeur des aides et gabelles.
« Ah ! pardon, monseigneur ! Quoi ! vous aidez le roi ? »