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DÉFENSE DU MONDAIN.
Mais de ces eaux si la source tarit,
L’herbe est séchée, et la fleur se flétrit.
Ainsi l’on voit en Angleterre, en France,
Par cent canaux circuler l’abondance.
Le goût du luxe entre dans tous les rangs :
Le pauvre y vit des vanités des grands ;
Et le travail, gagé par la mollesse,
S’ouvre à pas lents la route à la richesse.
« J’entends d’ici des pédants à rabats,Tristes censeurs des plaisirs qu’ils n’ont pas,Qui me citant Denys d’Haliearnasse,
Dion, Plutarque, et même un peu d’Horace,Vont criaillant qu’un certain Curius,Cincinnatus, et des consuls en us ,
Bêchaient la terre au milieu des alarmes ;Qu’ils maniaient la charrue et les armes ;
Et que les blés tenaient à grand honneurD’être semés par la main d’un vainqueur.
C’est fort bien dit, mes maîtres ; je veux croireDes vieux Romains la chimérique histoire.Mais, dites-moi, si les dieux, par hasard,Fesaient combattre Auteuil et Vaugirard,Faudrait-il pas, au retour de la guerre,
Que le vainqueur vint labourer sa terre ?L’auguste Rome, avec tout son orgueil,
Rome jadis était ce qu’est Auteuil.
Quand ces enfants de Mars et de Sylvie,
Pour quelque pré signalant leur furie,
De leur village allaient au champ de Mars,
Ils arboraient du foin a pour étendards.
Leur Jupiter, au temps du bon roi Tulle,
Était de bois ; il fut d’or sous Luculle.
N’allez donc pas, avec simplicité,
Nommer vertu ce qui fut pauvreté.
« Oh ! que Colbert était un esprit sage !