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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LE PAUVRE DIABLE.

D3

Tenez, prenez nies cantiques sacrés ;

Sacrés ils sont, car personne ny touche ;

Avec le temps un jour vous les vendrez :

Plus, acceptez mon chef-dœuvre tragiqueDe Zoraid f ; la scène est en Afrique :

A la Clairon vous le présenterez ;

Cest un trésor : allez, et prospérez. »

Tout ranimé par son ton didactique,

Je cours en hâte au parlement comique,Bureau de vers, maint auteur peléVend mainte scène à maint acteur sifflé.Jentre, je lis dune voix fausse et grêleLe triste drame écrit pour la Denèle e .

Dieu paternel, quels dédains, quel accueil!

De quelle œillade altière, impérieuse,

La Dumesnil rabattit mon orgueil!

La Dengeville est plaisante et moqueuse :

Elle riait; Grand val me regardaitDun air de prince, et Sarrazin dormait ;

Et, renvoyé penaud par la cohue,

Jallai gronder et pleurer dans la rue.

De vers, de prose, et de honte étouffe,

Je rencontrai Gresset dans un café ;

Gresset doué du double privilège hDêtre au collège un bel esprit mondain,

Et dans le monde un homme de collège ;Gresset dévot ; longtemps petit badin,

Sanctifié par ses palinodies,

Il prétendait avec componctionQuil avait fait jadis des comédies,

Dont à la Vierge ü demandait pardon.

Gresset se trompe, il nest pas si coupable ;Un vers heureux et dun tour agréableNe suffit pas ; il faut uue action,

De lintérêt, du comique, une fable,