LE PAUVKE DIABLE.
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Il est bien vrai que je fais peu de casDe ce faux genre, et j’aime assez qu’on rie ;Souvent je bâille au tragique bourgeois ,
Aux vains efforts d’un auteur amphibieQui défigure et qui brave à la fois ,
Dans son jargon, Melpomène etThalie.
Mais après tout, dans une comédie,
On peut parfois se rendre intéressantEn empruntant l’art de la tragédie,
Quand par malheur on n’est point né plaisant.Fus-tu joué? ton drame hétérocliteEut-il l’honneur d’un peu de réussite ?
— Je cabalai ; je fis tant qu’à la finJe comparus au tripot d’arlequin.
J’y fus hué : ce dernier coup de grâceM’allait sans vie étendre sur la place ;
On me porta dans un logis voisin,
Prêt d’expirer de douleur et de faim,
Les yeux tournés, et plus froid que ma pièce.
— Le pauvre enfant ! son malheur m’intéresse ;Il est naïf. Allons, poursuis le fil
De tes récits : ce logis, quel est-il ?
— Cette maison d’une nouvelle espèce,
Où je restai longtemps inanimé,
Était un antre, un repaire enfumé,
Où s’assemblait six fois en deux semainesUn reste impur de ces énergumènes' ,
De Saint-Médard effrontés charlatans,Trompeurs, trompés, monstres de notre temps.Missel en main, la cohorte infernalePsalmodiait en ce lieu de scandale ,
Et s’exercait à des contorsionsQui feraient peur aux plus hardis démons.Leurs hurlements en sursaut m’éveillèrent ;Dans mon cerveau mes esprits remontèrent;
Je soulevai mon corps sur mon grabat,