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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LA VANITÉ.

Mais on ne peut souffrir ces bruyants téméraires,

Sur la scène du monde ardents à sétaler.

Veux-tu te faire acteur ? on voudra te siffler.Gardons-nous dimiter ce fou de Diogène,

Qui pouvant chez les siens, en bon bourgeois dAthèue,A létude, au plaisir doucement se livrer,

Vécut dans un tonneau pour se faire admirer.

Malheur à tout mortel, et surtout dans notre âge,

Qui se fait singulier pour être un personnage !

Piron seul eut raison, quand, dans un goût nouveau f ,

Il fit ce vers heureux , digne de son tombeau :

Ci-git qui ne fut rien. Quoi que lorgueil en dise,Humains, faibles humains, voilà votre devise.

Combien de rois , grands dieux! jadis si révérés,

Dans léternel oubli sont en foule enterrés !

La terre a vu passer leur empire et leur trône.

On ne sait en quel lieu florissait Babylone.

Le tombeau dAlexandre, aujourdhui renversé,

Avec sa ville altière a péri dispersé.

César na point dasile son ombre repose ;

Et lami Pompignan 2 pense être quelque chose!

NOTES.

a Un provincial, dans un mémoire, a imprimé ces mots : « Il fauta que tout lunivers sache que leurs majestés se sont occupées de monh discours. Le roi la voulu voir ; toute la cour la voulu voir. "Il dit,dans un autre endroit, que « sa naissance est encore au-dessus de« son discours. » Un frère de la Doctrine chrétienne a trouvé peu dhu-milité chrétienne dans les paroles de ce monsieur; et, pour le corriger,il a mis en lumière ces vers chrétiens, applicables à tous ceux qui ontplus de vanité quil ne faut ( 1760).

b Un provincial, dans un mémoire concernant une petite querelleacadémique, avait imprimé ces propres mots : « Il faut que tout luni-« vers sache que leurs majestés se sont occupées de mon discours à lA-« cadémie. »

Et comme dans ce discours, dont leurs majestés ne sétaient pointoccupées, lauteur avait insulté plusieurs académiciens, il nest pasétonnant quil se soit attiré une petite correction dans la pièce de vers