10G
LE EUSSE A l'AltlS.
Beaux lieux où nos Français, dans leur savante course,Allèrent, de Borée arpentant l’horizon,
Geler auprès du pôle aplati par Newton 3 ;
Et, de ce grand projet utile à cent couronnes,
Avec un quart de cercle enlever deux Laponnes ?
Est-ce un pareil dessein qui vous conduit chez nous?
LE EUSSE.
Non, je viens m’éclairer, m’instruire auprès de vous;
Voir un peuple fameux, l’observer, et l’entendre.
LE PARISIEN.
Aux bords de l’occident que pouvez-vous apprendre ?
Dans vos vastes États vous touchez à la foisAu pays de Christine, à l’empire chinois :
Le héros de Narva sentit votre vaillance;
Le brutal janissaire a tremblé dans Byzance ;
Les hardis Prussiens ont été terrassés ;
Et, vainqueurs en tous lieux, vous en savez assez.
LE EUSSE.
J’ai voulu voir Paris : les fastes de l’histoireCélèbrent ses plaisirs et consacrent sa gloire.
Tout mon cœur tressaillait à ces récits pompeuxDe vos arts triomphants, de vos aimables jeux.
Quels plaisirs, quand vos jours marqués par vos conquêtesS’embellissaient encore à l’éclat de vos fêtes !
L’étranger admirait dans votre auguste courCent filles de héros conduites par l’Amour ;
Ces belles Montbazons, ces Châtillons brillantes,
Ces piquantes Bouillons, ces Nemours si touchantes ,Dansant avec Louis sous des berceaux de fleurs b ,
Et du Rhin subjugué couronnant les vainqueurs;
Perrault du Louvre auguste élevant la merveille ;
Le grand Coudé pleurant aux vers du grand Corneille;Tandis que, plus aimable, et plus maître des cœurs,Racine, d’Henriette exprimant les douleurs 0 ,