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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LE EUSSE A l'AltlS.

Beaux lieux où nos Français, dans leur savante course,Allèrent, de Borée arpentant l’horizon,

Geler auprès du pôle aplati par Newton 3 ;

Et, de ce grand projet utile à cent couronnes,

Avec un quart de cercle enlever deux Laponnes ?

Est-ce un pareil dessein qui vous conduit chez nous?

LE EUSSE.

Non, je viens m’éclairer, m’instruire auprès de vous;

Voir un peuple fameux, l’observer, et l’entendre.

LE PARISIEN.

Aux bords de l’occident que pouvez-vous apprendre ?

Dans vos vastes États vous touchez à la foisAu pays de Christine, à l’empire chinois :

Le héros de Narva sentit votre vaillance;

Le brutal janissaire a tremblé dans Byzance ;

Les hardis Prussiens ont été terrassés ;

Et, vainqueurs en tous lieux, vous en savez assez.

LE EUSSE.

J’ai voulu voir Paris : les fastes de l’histoireCélèbrent ses plaisirs et consacrent sa gloire.

Tout mon cœur tressaillait à ces récits pompeuxDe vos arts triomphants, de vos aimables jeux.

Quels plaisirs, quand vos jours marqués par vos conquêtesS’embellissaient encore à l’éclat de vos fêtes !

L’étranger admirait dans votre auguste courCent filles de héros conduites par l’Amour ;

Ces belles Montbazons, ces Châtillons brillantes,

Ces piquantes Bouillons, ces Nemours si touchantes ,Dansant avec Louis sous des berceaux de fleurs b ,

Et du Rhin subjugué couronnant les vainqueurs;

Perrault du Louvre auguste élevant la merveille ;

Le grand Coudé pleurant aux vers du grand Corneille;Tandis que, plus aimable, et plus maître des cœurs,Racine, d’Henriette exprimant les douleurs 0 ,