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NOTES.
payer une somme considérable pour se montrer seulement sur leur théâ-tre , et pour y jouer quelques rôles muets. Les jansénistes firent un scru-pule à Ramponeau de se produire sur la scène ; ils lui dirent que Tertul-lien avait écrit contre la comédie; qu'il ne de.vait pas ainsi prostituersa dignité de cabaretier ; qu’il y allait de son salut. La conscience de Ram-poneau fut alarmée. Il avait reçu de l’argent d'avance, et il ne voulutpoint le rendre, de peur de se damner. Il y eut procès. M. Elie de Beau-mont, célèbre avocat, daigna plaider contre Ramponeau; notre poètephilosophe plaida pour lui, soit par zèle pour la religion, soit pour seréjouir. Ramponeau rendit l’argent, et sauva son âme ( 1771 ).
u La même année 1760, on joua sur le théâtre de la Comédie-Fran-çaise la comédie des Philosophes , avec un concours de monde prodigieux.Ôn voyait sur le théâtre Jean-Jacques Rousseau marchant à quatre patteset mangeant une laitue. Cette facétie n’était ni dans le goût du Misan-thrope, ni dans celui du Tartufe ; mais elle était bien aussi théâtraleque celle de Pourceaugnac, qui est poursuivi par des lavements et deslils de p.
Le reste de la pièce ne parut pas assez gai : mais on ne pouvait pas direque ce fût là de la comédie larmoyante. On reprocha à l’auteur d’avoirattaqué de très-honnéles gens dont il n'avait pas à se plaindre (1771).
v Saint-Médard est une vilaine paroisse d’un très vilain faubourg deParis, où les convulsions commencèrent. On appelle depuis ce temps-làles fanatiques, chiens de Saint-Médard (1771).
* Fantin, curé de Versailles, fameux directeur qui séduisait ses dé-votes, et qui fut saisi volant une bourse de cent louis à un mourantqu’il confessait : il n’était pourtant pas philosophe ( 1760 ).
y Mark Alacoque, ouvrage impertinent de Languet, évêque de Sois-sons, dans lequel l’absurdité et l’impiété furent poussées jusqu’à mettredans la bouche de Jésus-Christ quatre vers pour Marie Alacoque (1760).
z La Fleur des Çaints, compilation extravagante du jésuite Ribade-neira; c’est un extrait de la Légende dorée, traduit et augmenté par lefrère Girard, jésuite.
Nota bene que ce n’était pas ce frère Girard condamné au feu, le 12octobre 1731, par la moitié du parlement d’Aix, pour avoir abusé de sa pé-nitente en lui donnant le fouet assez doucement, et pour plusieurs profa-nations. Il fut absous par l’autre moitié du parlement d’Aix, parce qu’onavait ridiculement mêlé l’accusation de sortilège aux véritables chargesdu procès. C’est bien dommage que ce fçère Girard n’ait pas été philo-sophe (1760)-