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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES CHEVAUX ET LES ANES,

En tout état et dans toute science,

Vous avez vu plus dun Bathos en France ;

Et plus dun âne a mangé quelquefoisAu râtelier des coursiers de nos rois.

Labbé Dubois, fameux par sa vessie,

Mit sur son front, très-atteint de folie,

La même mitre, hélas ! qui décoraCe Fénelon que lEurope admira.

Au Cicéron des oraisons funèbres 1 ,

Sublime auteur de tant décrits célèbres ,

Qui succéda dans lemploi glorieuxDe cultiver lesprit des demi-dieux ?

Un théatin, un Boyer 2 . Mais quimporteQuand larbre est beau, quand sa sève est bien forte,Quil soit taillé par Bénigne ou Boyer ?

De très-bons fruits viennent sans jardinier.

Cest dans Paris , dans notre immense ville,

En grands esprits, en sols toujours fertile,

Mes chers amis, quil faut bien nous garder.

Des charlatans qui viennent linonder.

Les vrais talents se taisent, ou senfuient,Découragés des dégoûts quils essuient.

Les faux talents sont hardis, effrontés,

Souples, adroits, et jamais rebutés.

Que de frelons vont pillant les abeilles !

Que de Pradons sérigent en Corneilles !

Que de Gauchats a semblent des Massillons !

Que de le Dains 3 succèdent aux Bignons !

1 Bossuet ( ed. ).

2 Boyer, moine imbécile, que le cardinal de Fleury fit précepteur duDauphin, et désigna en mourant pour ministre de la feuille. Des dévoteslui avaient fait obtenir lévéché de Mircpoix, quil quitta en venant à lacour. Il était l'ennemi déclaré de toute espèce de mérite, et persécuta vio-lemment M. de Voltaire. K.

3 Nom dun avocat qui prononça un plaidoyer pour faire rayer du ta-bleau un de ses confrères, convaincu davoir prouvé que lexcommuni-