LES T.ROIS EMPEREURS EN SORBONNE.
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de la vierge Marie, avec son frère Lazare que Jésus avait ressuscité, etMarthe sa sœur, qui avait préparé le repas lorsque Jésus avait soupe dansleur maison.
L’aveugle-né, nommé Celedone, à qui Jésus donna la vue en frottantses yeux avec un peu de boue, et Joseph d’Arimathie, étaient de la so-ciété intime de Madeleine. Mais le plus considérable de ses amis fut ledocteur saint Maximin, l’un des soixante et dix disciples.
Dans la première persécution qui lit lapider saint Etienne, les Juifs sesaisirent de Marie-Madeleine, de Marthe, de leur servante Marcelle, deMaximin leur directeur, de l’aveugle-né, et de Joseph d’Arimathie. Onles embarqua dans un vaisseau sans voiles, sans rames, et sans mari-niers ; le vaisseau aborda à Marseille, comme l’atteste Baronius. Dès queMadeleine fut à terre, elle convertit toute la Provence. Le Lazare futévêque de Marseille, Maximin eut l’évêché d’Aix; Joseph d’Arimathiealla prêcher l’Évangile en Angleterre; Marthe fonda un grand couvent;Madeleine se retira dans la Sainte-Baume, où elle brouta l’herbe toutesa vie. Ce fut là que, n’ayant plus d’habits, elle pria toujours toute nue;mais ses cheveux crûrent jusqu’à ses lalons, et les anges venaient la pei-gner et l’enlever au ciel sept fois par jour, en lui donnant de la musique.On a gardé longtemps une liole remplie de son sang, et ses cheveux ;et tous les ans, le jour du vendredi saint, cette fiole a bouilli à vue d’œil.La liste de ses miracles avérés est innombrable (1768).
LES TROIS EMPEREURS
EN SORBONNE,
PAR M. L’ABBÉ CAILLE.
1768 .
L’héritier de Brunswick et le roi des Danois,
Vous Le savez, amis, ne sont pas les seuls princesQu’un désir curieux mena dans nos provinces,
Et qui des lions esprits ont réuni les voix :
Nous avons vu Trajan, Titus, et Marc-Aurèle,
Quitter le beau séjour de la gloire immortelle,
Pour venir en secret s’amuser dans Paris.
Quelque bien qu’on puisse être, on veut changer de place ;C’est pourquoi les Anglais sortent de leur pays.
L’esprit est inquiet, et de tout il se lasse ;
Souvent un bienheureux s’ennuie en paradis.
Le trio d’empereurs, arrivé dans la ville,