EN SOIiBONNE.
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Des Français inconstants le vainqueur et le père :
« Le voilà, disait-il, nous le connaissons tous ;
Il boit au haut des cieux le nectar avec nous. »
Un des sages leur dit : « Vous savez son histoire.
On adore aujourd’hui sa valeur, sa bonté ;
Quand il était au monde, il fut persécuté ;
Bury même à présent lui conteste sa gloire a :
Pour dompter la critique, on dit qu’il faut mourir :On se trompe ; et sa dent, qui ne peut s’assouvir,Jusque dans le tombeau ronge notre mémoire. »
Après ces monuments-si grands, si précieux,
A leurs regards divins si dignes de paraître,
Sur de moindres objets ils baissèrent les yeux.
Ils voulurent enfin tout voir et tout connaître :
Les boulevards, la Foire, et l’Opéra-Bouffon ;L’école où Loyola corrompit la raison ;
Les quatre facultés, et jusqu’à la Sorbonne.
Ils entrent dans l’étable où les docteurs fourrésRuminaient saint Thomas, et prenaient leurs degrés.Au séjour de VErgo, Ribaudier en personneEstropiait alors un discours en latin.
Quel latin, juste ciel ! les héros de l’EmpireSe mordaient les cinq doigts pour s’empêcher de rire.Mais ils ne rirent plus quand un gros augustinDu concile gaulois lut tout haut les censures.
Il disait anathème aux nations impuresQui n’avaient jamais su, dans leurs impiétés,
Qu’auprès de l’Estrapade il fût des facultés.
« O morts, s’écriait-il, vivez dans les supplices b ;Princes, sages, héros, exemples des vieux temps,Vos sublimes vertus n’ont été que des vices ;
Vos belles actions, des péchés éclatants.
Dieu, juste selon nous, frappe de l’anathèmeÉpictète, Caton, Scipion l’Africain,