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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES CABALES.

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Êtes-vous au conclave ? aspirez-vous au trône a lon dit quautrefois monta Simon Barjone ?

Çà, que prétendez-vous P » « De la gloire. » « Ali, gredin !Sais-tu bien que cent rois la briguèrent en vain ?

Sais-tu ce quil coûta de périls et de peines

Aux Condés, aux Sullys, aux Colberts, aux Turennes,

Pour avoir une place au haut du mont sacré,

De sultan Moustapha pour jamais ignoré?

Je ne mattendais pas quun crapaud du ParnasseEût pu, dans son bourbier, senfler de tant daudace. »

« Monsieur, écoutez-moi : jarrive de Dijon,

Et je nai ni logis , ni crédit, ni renom.

Jai fait de méchants vers, et vous pouvez bien croireQue je nai pas le front de prétendre à la gloire ;

Je ne veux que lôter à quiconque en jouit.

Dans ce noble métier lami Fréron minstruit.

Monsieur labbé Profond mintroduit chez les dames ;Avec deux beaux esprits nous ourdissons nos trames.

Nous serons dans un mois lun de lautre ennemis ;

Mais le besoin présent nous tient encore unis.

Je me forme sous eux dans le bel art de nuire :

Voilà mon seul talent ; cest la gloire jaspire. »

Laissons de Dijon ce pauvre garnement 1 »,

Des bâtards de Zoïle imbécile instrument ;

Quil coure à lhôpital, son destin le mène.

Allons nous réjouir aux jeux de Melpomène...

Bon! jy vois deux partis lun à lautre opposés :

Léon dix et Luther étaient moins divisés.

Lun claque, lautre siffle ; et lantre du parterre 0 ,

Et les cafés voisins, sont le champ de la guerre.

Je vais chercher la paix au temple des chansons.

Fentends crier : « Lulli, Campra, Rameau, Bouffons 11 ,Êtes-vous pour la France ou bien pour lItalie ? »

« Je suis pour mon plaisir, messieurs. Quelle folie