LES CABALES.
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Leurs marchands de papiers sont les seuls qui gémissentMoi, j’attends dans un coin que l’imprimeur du roiM’apprenne, pour dix sous, mon devoir et ma loi.
Tout confus d’un édit qui rogne mes finances,
Sur mes biens écornés je règle mes dépenses ;
Rebuté de Plutus, je m'adresse à Gérés ;
Ses fertiles trésors garnissent mes guérets.
La campagne, en tout temps, par un travail utile,Répara tous les maux qu’on nous lit à la ville.
On est un peu fâché ; mais qu’y faire ?... Obéir.
A quoi bon cabaler, quand on ne peut agir? »
« Mais, monsieur, des Capets les lois fondamenlale'S,
Et le grenier à sel, et les cours féodales,
Et le gouvernement du chancelier Duprat! »
« Monsieur, je n’entends rien aux matières d’Élat :
Ma loi fondamentale est de vivre tranquille.
La Fronde était plaisante 8 , et la guerre civileAmusait la grand’chambre et le coadjuteur.Barricadez-vous bien ; je m’enfuis ; serviteur. »
A peine ai-je quitté mon jeune énergumène,
Qu’un groupe de savants m’enveloppe et m’entraîne.D’un air d’autorité l’un d’eux me tire à part...
« Je vous goûtai, dit-il, lorsque de Saint-Médard 11Vous crayonniez gaiement la cabale grossière,Gambadant pour la grâce au coin d’un cimetière ;
I,es billets au porteur des chrétiens trépassés ;
T .es fils de Loyola sur la terre éclipsés.
Nous applaudîmes tous à votre noble audace,
Lorsque vous nous prouviez qu’un maroufle à besace,Dans sa crasse orgueilleuse à charge au genre humain,S’il eût bêché la terre, eût servi son prochain.
Jouissez d’une gloire avec peine achetée ;
Acceptez à la fin votre brevet d’athée. »
« Ah ! vous êtes trop bon : je sens au fond du cœurTout le prix qu’on doit mettre à cet excès d’honneur.
Il est vrai, j’ai raillé Saint-Médard et la bulle;