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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉpItBES.

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Ce bon régent qui gâta tout en France :

Il était pour la société,

Pour les beaux-arts, et pour la volupté ;

Grand, mais facile, ingénieux, affable,

Peu scrupuleux, mais de crime incapable.

Et cependant, ô mensonge! ô noirceur !

Nous avons vu la ville et les provinces,

Au plus aimable, au plus clément des princes,Donner les noms... Quelle absurde fureur!Chacun les lit ces archives dhorreur,

Ces vers impurs, appelés Philippiques A ,

De limposture effroyables chroniques ;

Et nul Français nest assez généreuxPour sélever, pour déposer contre eux.

Que le mensonge un instant vous outrage,Tout est en feu soudain pour lappuyer :

La vérité perce enfin le nuage,

Tout est de glace à vous justilier.

Mais voulez-vous, après ce grand exemple,Baisser les yeux sur de moindres objets?

Des souverains descendons aux sujets ;

Des beaux-esprits ouvrons ici le temple,Temple autrefois lobjet de mes souhaits,

Que de si loin Desfontaines contemple,

Et que Gacon ne visita jamais.

Entrons : dabord on voit la Jalousie,

Du dieu des vers la fille et lennemie,

Qui, sous les traits de lÉmulation ,

Souffle lorgueil, et porte sa furieChez tous ces fous courtisans dApollon.

Voyez leur troupe inquiète, affamée,

Se déchirant pour un peu de fumée,

Et lun sur lautre épanchant plus de fielQue limplacable et mordant jansénisteNen a lancé sur le fin moliniste,

VOLTAIRE.

I»