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É PITRES.
Ou que Douoin 1 , cet adroit casuiste ,
N’en a versé dessus Pasquier-Quesnel.
Ce vieux rimeur, couvert d’ignominies,
Organe impur de tant de calomnies,
Cet ennemi du public outragé,
Puni sans cesse, et jamais corrigé .
Ce vil Refus % que jadis votre pèreA, par pitié, tiré de la misère,
Et qui bientôt, serpent envenimé,
Piqua le sein qui l’avait ranimé -,
Lui qui, mêlant la rage à l’impudence ,
Devant Thémis accusa 1 l’mnocence ;
L’affreux Rufus 2 , loin de cacher en paixDes jours tissus de honte et de forfaits ,
Vient rallumer, aux marais de Bruxelles ,
D’un feu mourant les pâles étincelles,
Et contre moi croit rejeter l’affrontDe l’infamie écrite sur son front.
Mais que feront tous les traits satiriquesQue d’un bras faible il décoche aujourd’hui,
Et ces ramas de larcins marotiques,
Moitié français et moitié germaniques,
Pétris d’erreur, et de haine, et d’ennui ?
Quel est le but, l’effet, la récompense ,
De ces recueils d’impure médisance ?
Le malheureux, délaissé des humains,
Meurt des poisons qu’ont préparés ses mains.
Ne craignons rien de qui cherche à médire.
En vain Boileau, dans ses sévérités,
A de Quinault dénigré les beautés ;
L’heureux Quinault, vainqueur de la satire,
1 L’un îles fabricateurs de la bulle Unigenitus.
2 Voltaire a depuis, dans son Mémoire sur la Satire, publié en 1739,reconnu que lorsqu’il employa ces expressions peu mesurées contreRousseau, il avait perdu patience ; et il s’excusa de l’avoir fait. Noie deil. Beuchot.