El’iïfiES.
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Rit de sa haine, et marche à ses côtés.
Moi-même, enfin, qu’une cabale, iniqueVoulut noircir de son souffle caustique,
Je sais jouir, en dépit des cagots,
De quelque gloire, et même du repos.
Voici le point sur lequel je me fonde.
On entre en guerre en entrant dans le monde.Homme privé, vous avez vos jaloux,
Rampant dans l’ombre, inconnus comme vous ,Obscurément tourmentant votre vie ;
Homme public, c’est la publique envieQui contre vous lève son front altier.
Le coq jaloux se bat sur son fumier,
L’aigle dans l’air, le taureau dans la plaine :
Tel est l’état de la nature humaine.
La Jalousie et tous ses noirs enfantsSont au théâtre, au conclave, aux couvents.Montez au ciel : trois déesses rivalesTroublent le ciel, qui rit de leurs scandalesQue faire donc P à quel saint recourir ?
Je n’en sais point : il faut savoir souffrir.
NOTES.
» Poète connu en son temps par quelques opéras, et par quelques pe-tites satires nommées calottes, qui sont tombées dans un profond oubli( 1756).
b Cette calomnie, citée dans Bayle et dans l’abbé Houtevilie, est tiréed’un ancien livre hébreu, inlitulé Toldos Jescut, dans lequel on donnepour époux à cette personne sacrée Jonathan ; et celui que Jonathansoupçonne s’appelle Joseph Panther (1748). Ce livre, cité par les pre-miers pères, est incontestablement du premier siècle ( 1752 ).c Le peuple voulut déterrer M. Colbert à Saint-Eustache (1748).d Libelle diffamatoire en vers contre M. le duc d’Orléans , régent duroyaume, composé par la Grange-Chancel. On lui a pardonné. Bayle etArnauld sont morts hors de leur patrie (1752)
>- Rousseau avait été.secrétaire du baron de Breteuil, et avait fait con-tre lui une satire intitulée la Baronadc. Il la lut à quelques personnesqui vivent encore, entre autres à madame la duchesse de Saint-Pierre. Ma-