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ÉPÎïRES.
dame la marquise du Châtelet, fille de M. de Breteuil, était parfaitementinstruite de ce fait (1752) ; et il y a encore des papiers originaux de ma-dame du Châtelet qui l’attestent ( 1756 ). Le baron de Breteuil lui par-donna généreusement (1771).
f II accusa M. Saurin, fameux géomètre, d’avoir fait des couplets infâ-mes dont lui, Rousseau, était l’auteur, et fut condamné pour cette ca-lomnie au bannissement perpétuel (1736).
A MADEMOISELLE DE GUISE,
SUR SON MARIAGE AVEC LE DUC DE RICHELIEU.
Avril 1734.
Un prêtre, un oui, trois mots latins,
A jamais fixent vos destins ;
Et le célébrant d’un village,
Dans la chapelle de Montjeu,Très-chrétiennement vous engageA coucher avec Richelieu,
Avec Richelieu, ce volage ,
Qui va jurer par ce saint nœudD’être toujours fidèle et sage.
Nous nous en défions un peu ;
Et vos grands yeux noirs, pleins de feu,
Nous rassurent bien davantageQue les serments qu’il fait à Dieu.
Mais vous, madame la duchesse,
Quand vous reviendrez à Paris,
Songez-vous combien de marisViendront se plaindre à votre altesse?
Ces nombreux cocus qu’il a faitsOnt mis en vous leur espérance :
Ils diront, voyant vos attraits,
« Dieux ! quel plaisir que la vengeance ! »
Vous sentez bien qu’ils ont raison ,
Et qu’il faut punir le coupable :
L’heureuse loi du talion