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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTKES.

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Nul ne lécoute, et le cruel poursuit.

Arrive Isis, dévote au maintien triste,

A lair sournois : un petit janséniste,

Tout plein dorgueil et de saint Augustin,Entre avec elle, en lui serrant la main.

Dautres oiseaux de différent plumage,Divers de goût, dinstinct, et de ramage,

En sautillant font entendre à la foisLe gazouillis de leurs confuses voix ;

Et dans les cris de la folle cohueLa médisance est à peine entendue.

Ce chamaillis de cent propos croisésRessemble aux vents lun à lautre opposés.

Un profond calme, un stupide silenceSuccède au bruit de leur impertinence ;

Chacun redoute un honnête entretien :

On veut penser, et lon ne pense rien.

O roi David ! ô ressource assurée!

Viens ranimer leur langueur désœuvrée ;Grand roi David, cest toi dont les sizains aFixent lesprit et le goût des humains.

Sur un tapis dès quon te voit paraître,

Noble, bourgeois, clerc, prélat, petit-maître,Femme surtout, chacun met son espoirDans tes cartons peints de rouge et de noir.Leur âme vide est du moins amuséePar lavarice en plaisir déguisée.

De ces exploits le beau monde occupéQuitte à la fin le jeu pour le soupé ;

Chaque convive en liberté déploieA son voisin son insipide joie.

Lhomme machine, esprit qui tient du corps,En bien mangeant remonte ses ressorts :

Avec le sang lâme se renouvelle,

Et lestomac gouverne la cervelle.

VOLTAIRE.

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