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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎïnES.

Ciel ! quels propos ! Ce pédant du palaisBlâme la guerre, et se plaint de la paix.

Ce vieux Crésus, en sablant du champagne,Gémit des maux que souffre la campagne ;

Et, cousu dor, dans le luxe plongé,

Plaint le pays, de tailles surchargé.

Monsieur labbé vous entame une histoireQuil ne croit point, et quil veut faire croire ;

On linterrompt par un propos du jour,

Quun autre conte interrompt à son tour.

De froids bons mots, des équivoques fades,

Des quolibets, et des turlupinades,

Un rire faux que lon prend pour gaieté,

Font le brillant de la société.

Cest donc ainsi, troupe absurde et frivole,Que nous usons de ce temps qui senvole ;

Cest donc ainsique nous perdons des joursLongs pour les sots, pour qui pense si courts.

Mais que ferai-je ? fuir loin de moi-même?Il faut du monde ; on le condamne, on laime :On ne peut vivre avec lui ni sans lui.

Notre ennemi le plus grand , cest lennui.

Tel qui chez soi se plaint dun sort tranquille,Vole à la cour, dégoûté de la ville.

Si dans Paris chacun parle au hasard,

Dans cette cour on se tait avec art,

Et de la joie, ou fausse ou passagère,

On na pas même une image légère.

Heureux qui peut de son maître approcher !

Il na plus rien désormais à chercher.

Mais Jupiter, au fond delempyrée,

Cache aux humains sa présence adorée :

11 nest permis quà quelques demi-dieuxDentrer le soir aux cabinets des cieux.

Faut-il aller, confondu dans la presse,