ÉPÎTKES.
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II gratte, il gratte ; il se présente , il dit :
« Je suis l’auteur... » Hélas ! mou pauvre hère,C’est pour cela que vous n’entrerez pas.
Le malheureux /honteux de sa misère,S’esquive en hâte, et, murmurant tout basDe voir en lui les neuf Muses bannies ,
Du temps passé regrettant les beaux jours,
Il rime encore, et s’étonne toujoursDu peu de cas qu’on fait des grands génies.
Pour l’achever, quelque compilateur,
Froid gazetier, jaloux d’un froid auteur,
Quelque Fréron, dans Y Ane littéraire,
Vient l’entamer de sa dent mercenaire ;
A l’aboyeur il reste abandonné,
Comme un esclave aux bêtes condamné.
Voilà son sort; et puis cherchez à plaire!
Mais c’est bien pis, hélas ! s’il réussit.
L’Envie alors, Euménide implacable,
Chez les vivants harpie insatiable,
Que la mort seule à grand’peine adoucit,L’affreuse Envie, active, impatiente,
Versant le fiel de sa bouche écumante,
Court à Paris, par de longs sifflements,
Dans leurs greniers réveiller ses enfants.
A cette voix, les voilà qui descendent,
Qui dans le monde à grands flots se répandent,En manteau court, en soutane, en rabat,
En petit-maître, en petit magistrat.
Écoutez-les : « Cette œuvre dramatiqueEst dangereuse, et l’auteur hérétique. »
Maître Abraham va sur lui distillantL’acide impur qu’il vendait sur la Loire c ;
Maître Crevier, dans sa pesante histoireQu’on ne lit point, condamne son talent.
Un petit singe ', à face de Thersite,
1 Oincr Joly de Fleury.